dimanche 28 février 2010
Par Antoine,
dimanche 28 février 2010 à 17:25 :: Un jour à HK
Voici donc l'open space dans lequel je travaille depuis quelques jours. Très anglo-saxon dans l'âme, tout le monde est au même niveau. Impossible de détecter la position hiérarchique des personnes qui siègent ici, car tout le monde dispose de sa petite chaise, son petit écran, sa petite connexion réseau, ni plus, ni moins. A moins d'être PDG, vous ne pourrez pas prétendre à avoir votre propre bureau. Tu parles d'une organisation à chier. Enfin, nous ne sommes pas chez nous donc nous nous adpatons.
Si seulement l'histoire pouvait s'arrêter là... Mais accrochez-vous bien ! Vous ne connaissez pas encore la meilleure ! Qu'ai-je découvert l'autre jour lorsque je suis allé à Kowloon pour observer les buildings de l'île de Hong Kong depuis l'autre côté de la baie ?
L'immeuble dans lequel nous travaillons est le plus ridicule de tous les environs ! C'est celui qui se situe un peu à droite du centre sur la photo ci-dessus. Impossible de le rater car il est affublé de guirlandes lumineuses du bas en haut de sa façade la plus visible ! Et quelles guirlandes !!! Les plus kitschs de tout Hong Kong !!! UN CHAT DANSEUR GEANT ! Roh la honte !
Je ne t'explique même pas comment je me tape l'affiche maintenant le matin en me rendant au bureau. J'ai trop honte, je fixe mes pompes, mais quand j'entre dans l'édifice, je sens les regards des passants qui se posent sur moi et j'entends les rires étouffés : "ahahah!!! Regarde !!! Encore un des ces types qui bosse dans la tour chat !!! AHAHAHAH !!! Trop drôle !". Oui bon bah ça va ! Merci !
Comme tu le sais déjà, les bureaux se trouvent au 39ème étage, au niveau des inscriptions rouges en chinois au sommet de l'immeuble (qui compte 53 étages en tout pour 215 mètres de haut).
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Par Antoine,
dimanche 28 février 2010 à 17:22 :: Un jour à HK
Et pour rénover des immeubles pourris sur lesquels sont accrochés des panneaux publicitaires géants ? ... Is there an app'?!
Photo prise à Mong Kok, quartier du marché de l'électronique à Kowloon.
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samedi 27 février 2010
Par Antoine,
samedi 27 février 2010 à 18:30 :: Un jour à HK
La Toyota Crown Comfort rouge, 6 places (conducteur + 2 passagers à l'avant et 3 à l'arrière, volant à droite et porte à ouverture automatique à l'arrière, est le taxi officiel d'Hong Kong.
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jeudi 25 février 2010
Par Antoine,
jeudi 25 février 2010 à 17:49 :: Un jour à HK
Parvenez-vous à visionner cet extrait d'anthologie des pitreries de De Caunes et Garcia à la fin de Nulle Part Ailleurs dans lequel José Garcia imite De Niro en hurlant: "yeah FUNNY GUY, hey, YOU ARE A FUNNY GUY you know... you know why ??? YEAH OF COURSE YOU KNOW... YOU FUCKED MY WIFE !!! DON'T YOU MOTHER FUCKER ??!!". Et bien j'ai retrouvé un type au boulot développant à peu près la même puissance comique. A la différence prêt que cette personne en question embarque aussi des attitudes à la OSS117, imaginez le cocktail détonant.
Malheureusement, la description de ce personnage que vous rêvez sûrement déjà tous de rencontrer s'arrête ici. Il faut le voir pour le croire. J'ai tenté de lister un peu ce qui fait son petit côté OSS : je dirai qu'il est de ceux qui forcent énormément leur rire, et qui attendent une confirmation du sens comique des paroles échangées avec leur interlocuteur, avant de poursuivre la rigolade forcée à gorge déployée.
Sinon, l'autre attitude qui claque un max, c'est qu'à chaque fois que je vois ce gars là en réunion, il se pointe avec un Blackberry, un stylo et des lunettes pour seuls accessoires de travail. Tout est là. Le type gère un projet qui vaut des milliards avec un téléphone, un bic et une paire de lunettes. Croyez-le ou non, mais moi ça m'en bouche un coin. Les lunettes, il ne fait que jouer avec en général, il les met rarement sur son nez. Le téléphone, lorsqu'il sonne, il regarde vite fait qui appelle, puis hésite pendant une vingtaine de secondes avant de décrocher, et donc souvent c'est trop tard, il écope d'un missed call. Et le stylo, il n'en fait rien. Je ne l'ai jamais vu écrire quoi que ce soit. Mais comme il n'a pas de feuilles avec lui, c'est un peu normal. Si vraiment un jour il y est forcé, peut-être s'écrira-t-il un reminder dans la paume de la main. Quel talent !
Dans l'actualité à part ça : je ne sens plus les effets du décalage horaire. J'ai enfin dormi une nuit complète sans me réveiller la nuit dernière et j'ai été bien au taquet toute la journée sans baisse de régime. Tout le monde s'en fout sans doute mais moi ça me fait plaisir. Et je n'ai rien fait d'autre à l'extérieur de The Office que tester un restaurant japonais pas trop mal ce soir.
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mercredi 24 février 2010
Par Antoine,
mercredi 24 février 2010 à 05:29 :: Un jour à HK
Deuxième jour, mardi, une grande nappe de nuages enveloppe toujours toute la ville. Je n’ai toujours pas vu le moindre petit bout de ciel bleu. A l’arrivée au bureau, je me fais aiguiller sur une réunion en cours où trois types discutent à coups de « Yeah yeah, I could put my guys on that », ou « For sure, I’ll let my guys checking it », ou « Definitly, my guys need to know that the yes needs the no to win against the no ». Bon, ok, cette dernière ne fut pas vraiment prononcée mais vous voyez le principe. Il faut se ballader ou s’attabler, buste en avant, tel un petit Maréchal d’Empire et faire allusion à « my guys » toutes les deux phrases. Je trouve ça terriblement grossier. N’ont-ils pas des noms ces guys ? Je suis certain que c’est le même genre de types qui prend à sa charge tous les résultats de l’entreprise. Exemple : « moi l’année dernière, j’ai fait tant de chiffres d’affaires et tant de résultat net, et toi tu pèses combien ? ». Je les vois aussi bien employer le mot « boutique » à la place du mot « entreprise ». Des gens qui n’en sont pas moins sympathiques au demeurant mais avec ce petit côté je mets les pieds dans le plat de façon systématique sans prendre la peine de me les essuyer sur le paillasson auparavant. Bref, moi qui aime bien recevoir des « notices » avant de me présenter face à des gens, je fus un peu de pris de court autour de cette table ! Du coup, pas vraiment le choix, cette bonne vieille « vieux sage strategy » déboula de façon un peu prématurée, je l’avoue, sur la working day timeline.
A l’autre extrémité de la journée, il y a eu un dîner au restaurant avec de la nourriture pas bonne du tout. Dommage car cela présentait bien mais le riz n’était même pas comestible, un comble ! J’avais par ailleurs oublié que la nourriture est très chère à Hong Kong, comparé aux tarifs pratiqués dans le reste de la Chine. Mon plat coûtait entre 8 et 9 euros, là où il m’aurait été servi pour moins de 5 euros un peu plus au Nord !
Entre ces deux moments, rien de bien particulier. Je subis encore le contre coup du décalage horaire en début d’après midi. Un gros coup de barre m’assaille entre 14 et 17h. J’espère que demain ça ira mieux.
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mardi 23 février 2010
Par Antoine,
mardi 23 février 2010 à 05:27 :: Un jour à HK
Première journée de travail ! Je me lève sous un ciel archi-couvert. Pas une percée de la journée, je ne verrai que les nuages gris au-dessus de la ville. Après le petit déjeuner, je me rends à pied jusqu’à ma tour au bord de l’eau. Mon hôtel est proche, cela me prend à peine 10 minutes. Première difficulté : trouver l’entrée du building. Pour monter au 39ème étage, il faut commencer par descendre car comme partout à Hong Kong, les piétons se baladent sur des passerelles au niveau du 1er étage des immeubles. C’est donc par le premier étage de la tour que j’aborde le centre commercial. Un starbucks, un MacDo, des boutiques, ça ne ressemble pas beaucoup à des bureaux ! Me serai-je égaré ? Cinq minutes d’hésitation plus tard, je trouve enfin les ascenseurs desservants la tranche 37ème-53ème.
L’accueil est cordial mais on ne perd pas de temps puisque 20 minutes après mon arrivée, je me retrouve en salle de réunion (dont les fenêtres donnent bien sur la baie, c’est chouette) à devoir estimer de combien je réduis les coûts par rapport à ma dernière estimation faite le mois dernier. Le commercial qui sommeille en moi parle tranquillement sans trop lâcher la bride. Je concède en une demi-heure un peu moins d’un tiers des savings que mes interlocuteurs attendaient. Et j’oppose à leurs mines circonspectes « Et bah c’est cool ! C’est vachement encourageant tout ça ! ». On ne va quand même pas lâcher tout dès la première réunion, ils n’ont qu’à faire des efforts aussi pour baisser leur prix. Avant de venir, on m’avait prévenu, ce sont des « gros cons de bétonneux », donc en première approche on les emmerde. C’est assez confortable comme position car dès lors que le ton est posé de la sorte, je ne suis même plus obligé de les écouter vraiment. Ils gesticulent face à nous, et moi je laisse mon regard se perdre dans les eaux de la baie, de temps à autre accroché par un bateau, par-dessus leurs épaules.
J’aime bien l’approche anglo-saxonne des choses. Même si les conclusions de la réunion étaient déjà écrites avant qu’elle ne se tienne, je dois reconnaître un certain mérite à ces types que je rencontrais là. Sans y paraître, ils font avancer les choses. Enfin je me dis ça une fois que les discussions sont closes. En général, dans le feu de l’action je trouve toujours que beaucoup de bullshit est échangé pour pas grand-chose. Vous auriez du les voir s’agiter sur leur tableau blanc, empilant les hypothèses de discount possibles, en les classant en 3 catégories : « discount acquis », « discount hypothétique but compliant », « discount agressifs nous faisant déroger aux exigences du client ». Mine de rien, c’était bien vu. J’aime surtout lorsqu’ils se félicitent en sortant de la salle par des « all right, that was a good working session, good start, we know where we’re heading at and what needs to be achieved ». Ce positivisme constant me fascine. On dirait que ces gens là ne connaissent pas le doute.
Autour de 14h30, j’ai fini par descendre m’acheter un sandwich dans un supermarché très classe au pied de la tour. En voilà un travers du rythme de travail à l’anglaise, il n’y a pas de plage horaire bien déterminée pour s’alimenter. Chacun mange dans son coin, devant son ordinateur ou sur une petite table au milieu de l’open space. C’est d’un triste !
L’après midi fut moins rigolote que la matinée. J’ai du me coltiner pendant plus d’une heure en face-to-face un type à l’accent incompréhensible. Au début, j’ai essayé d’être poli avec lui et puis comme il s’escrimait à parler comme une merde, j’ai lâché l’affaire. J’ai joué mon repli stratégique habituel qui, en plus d’être particulièrement de circonstance, fonctionne toujours aussi bien : prendre l’attitude du vieux sage japonais en pleine méditation. Le principe de base est de se taire. A la suite de quelques grommellements de ma part ponctué par des « I don’t give a shit! » (dans ma tête uniquement) en guise de réponse à ses questions nazes, je crois qu’il a compris que je me foutais complètement de savoir si c’étaient plutôt des boulons de 40 ou de 36 qui serviraient à serrer une poutre sur une autre. Diable, c’était donc vrai. Ce sont tous des brutes de bétonneux qui ne parviennent qu’à effleurer des questions bassement technologiques en pensant faire du process ! On m’avait d’ailleurs fait un « special notice » sur cet individu en me prévenant que c’était le genre de type qui ne s’arrêtait que sur les petits détails et jamais sur l’idée générale. « Non mais c’est quoi ces conneries ? » avais-je envie de lui rétorquer la plupart du temps. Rassurez-vous, tel le bon diplomate, je me suis contenu. Bref, comme si ça ne suffisait pas, il m’a pris le chou jusqu’à la fin de la journée avec un putain de silo métallique… il n’avait plus que ça à la bouche, le silo, et le silo, et sinon pour le silo, et by the way le silo, nevertheless the silo, furthermore le silo, etc ! Non mais sérieux, qu’est ce que j’en ai à battre moi ? Y’en a 40 des silos, pourquoi celui-là ? Ce jour-là ? Face à moi ? Difficile à comprendre.
Retour à l’open space. Une place sur deux a beau être occupée par un anglophone, l’atmosphère n’en reste pas moins chinoise. Ils sont là partout, se déplacent furtivement, rient tout bas, tiennent des messes basses, répondent au téléphone tout doucement, raccrochent encore plus doucement, s’échangent des fichiers avec plein de couleurs et de trucs qui clignotent dessus, c’est vraiment drôle à observer. Au milieu de tout ça, il y a mamie Wang qui sert du thé, du café ou de l’eau à volonté, comme un petit Lemmings, à tout le monde, toute la journée. En fin de journée, alors qu’elle passait dans mon dos avec un verre d’eau dans la main pour le mec assis à côté de moi, elle a lâché un vieux rot. Ça aussi, j’avais oublié.
Pour finir, les types sympas avec qui nous avions commencé la journée ont ouvert le bar de l’étage. Rien de mieux, pour souder une équipe qui se cherche encore un peu, que de faire deux ou trois blagues salasses autour d’une bière. Le kiffe quoi (c’est ironique). J’adore… L’un deux est installé à Hong Kong depuis 1993 et possède deux bars dans la ville. Difficile de refuser son invitation à le suivre dans l’un de ces lieux. Toute la petite troupe s’est mise en route et les british nous ont salement pliés. Mais pour ça aussi, j’avais reçu un « special notice », on m’avait dit à Paris « tu verras, ça se passe toujours comme ça lorsqu’ils reçoivent des petits nouveaux ». Et pan, en plein dans le mille.
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dimanche 21 février 2010
Par Antoine,
dimanche 21 février 2010 à 17:10 :: Un jour à HK
Hong Kong: lorsqu'on lorgne dessus depuis la Chine, on se dit que c'est un petit coin d'Occident en Asie ; et lorsqu'on la regarde depuis l'Europe, c'est l'Asie qui vous rattrape.
Moi j'y allais la fleur au fusil, décontracté, à l'aise Marcel, tranquille Paulo, "allez c'est bon je connais" que je me disais. Oulà l'erreur de débutant, j'ai sous-estimé le caractère non anodin d'un tel parachutage. Bon que l'on se rassure, j'ai surmonté tout cela en l'espace de 2 heures parce que dans le fond c'est vrai que je connais. Revenons plutôt sur ce qui me fait dire ça.
Roissy CDG, terminal 2E, porte E35, samedi 20 février 2010, 23h06, l'embarquement du vol Paris - Hong Kong se déroule tranquillement et moi je suis scotché à mon siège à observer des vagues d'asiatiques monter dans cet avion. Des chinois, partout, du sol au plafond de la cabine, par dizaines, même peut être centaines !, défilent dans un brouhaha général sous mes yeux médusés. Non mais qui est-ce qui laisse tous ces gens entrés dans mon avion au juste ? Je croyais que je partais à Londres et qu'il n'y aurait que des Anglais dans la carlingue. La réalité est plus crue et me rattrape à cet instant précis, je pars en Chine, et il y a donc plein de chinois.
PNC aux portes, préparez vous au décollage, et c'est parti l'hôtesse fait un discours en chinois au micro. C'est un autre indice manifestement. La LV2 du vol AF188 n'est pas l'anglais mais bel et bien le mandarin. Ok, ok, ok... je souffle calmement, regarde autour de moi, je suis immergé au milieu de toutes ces petites têtes souriantes prêtes à me proposer des bonbons au boeuf, un peu de canard séché ou un reste de tofu. Gosh ! J'avais oublié ce que ça faisait.
L'heure du dîner approche, je me saisis de la carte et lis au chapitre "Suggestions du chef" : Risotto de Quinoa, Saint-Jacques braisées sur lit de je-ne-sais-plus-quoi, Saumon fumé, etc, etc. Une bien belle carte digne de la traditionnelle gastronomie française exportable. Le stewart s'approche de moi pour recueillir mon choix et m'annonce en préambule : "Nous sommes désolés Monsieur, il y a eu une erreur à l'impression des menus et les plats proposés ne correspondent pas tout à fait à ce que nous avons". By Jove ! Qu'est ce que c'est que ce charabia ? Non... ne me dîtes pas que... !? Et si. Il ne reste que du boeuf sauce aigre douce et un poisson blanchâtre avec du riz. China Eastern Airlines a du mélanger ses plateaux repas avec ceux d'Air France. Que l'on m'appelle un responsable s'il vous plaît ! Bon, la situation ne s'avère pas être si dramatique que ça puisqu'en plus de ces deux plats, je parviens à emporter la mise en m'octroyant une des dernières cuisses de canard avec ses petits légumes. La catastrophe est évitée.
Vient le temps de m'assoupir devant un film. Ah... pas de chance le système vidéo de mon siège ne fonctionne pas. Le stewart tente tout ce qu'il peut pour me ramener sur les rails de l'Air France Entertainment Experience, sans réussite. Bof... de toute façon je me suis endormi avant qu'il revienne après m'avoir dit une énième fois "je vais aller réinitialiser l'ordinateur, et je reviens vous voir pour vérifier que ça marche". T'es gentil garçon mais tu ne sers à rien. Ils sont assemblés en Chine ces avions ou quoi ?
Dans mon sommeil, je rêve qu'on frôle l'empennage d'un autre avion de ligne à deux reprises. Finalement nous n'exploserons pas en vol et nous nous poserons à 17h20 à Hong Kong sous un ciel partly cloudy with a ground temperature of sixteen degrees celsius dixit Monsieur Captain'speaking. Derrière la porte de cet avion, 1 milliard et demi de chinois s'agitent. Take a deep breath and go on. La douane se passe bien. Sur le tapis des bagages, je subis encore une petite blague locale lorsque je vois la dernière valise de mon vol distribuée alors que je n'ai toujours pas reçu la mienne. L'écran affiche : "AF188 all luggages delivered". Allez circulez, il n'y a plus rien à voir. Heureusement, 30 secondes plus tard, je vois ma valise qui passe sous le nez. Il y avait 2 sorties de bagages sur le tapis diamétralement opposées, je m'étais évidemment posté devant la mauvaise.
24 minutes de train MTR jusqu'à Hong Kong Central, 15 minutes de taxi jusqu'à Wan Chai et me voilà arrivé à mon hôtel, ma chambre est au 25ème étage. J'en ressors 2 heures plus tard pour dîner. Dans la rue à côté de l'hôtel, il y a une de ces enfilades de petits bouibouis chinois avec des tables partout au milieu de la chaussée. Allez va pour de l'authentique, seafood diner style. Très bon, très frais, toi pas peur. Wan Chai est quand même beaucoup moins reluisant que le quartier de Central ou les Mid-Levels, là où je rayonnais il y a 4 ans, mais c'est tout de même toujours aussi sacrément grisant que de se retrouver là. Demain : découverte du cadre de travail. J'espère ne pas être déçu !
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samedi 2 janvier 2010
Par Antoine,
samedi 2 janvier 2010 à 01:02 :: Un jour en France
Au hasard d'un tri des papiers accumulés depuis trop longtemps, je suis tombé sur deux brouillons de rédaction de... 4ème. Rien de moins qu'un précieux témoignage de la façon d'imaginer le monde au cours de l'année scolaire 1993/1994.
Je commence par dépeindre un monde imaginaire assez stupéfiant dans ma première histoire, vous en jugerez par vous-même à la lecture des lignes qui suivent. L'entame du récit nous plonge sans doute dans un monde post-apocalytpique simplement pour mieux marquer le contraste avec mon happy end digne des meilleurs scénarios hollywoodiens.
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Il y a quelques années, dans un petit village de province, vivait une famille de paysans très pauvre, ce couple avait eu 3 enfants, mais 2 étaient morts à la naissance, ils étaient constamment au bord de la famine.
Ces gens vivaient donc avec leur unique fils dans une petite masure complètement délabrée sans aucune condition d'hygiène. Il n'avait ni eau, ni électricité. C'est à peine s'ils pouvaient faire un feu de bois pour les nuits froides en hiver.
Ils n'avaient pas de vêtements et ils étaient tout le temps vêtu de guenilles. Bien sûr, ils vivaient dans la plus grande clandestinité car ils n'avaient pas de papiers d'identité. Pour survivre ils mangeaient des choux et des poireaux cultivés dans un petit potager derrière leur cabane, mais la récolte n'était pas fameuse car la terre n'était pas fertile.
Grâce à un couple de vieilles personnes qui habitaient le village, ils réussissaient à se procurer des médicaments par leur intermédiaire. Mais très vite ces vieux amis d'enfance moururent l'un après l'autre. Et les paysans se retrouvèrent une fois de plus sans personne sur qui compter.
Les mois passèrent et leurs plantations ne donnaient plus assez de légumes pour les nourrir. Ils étaient constamment malades et allaient mourir de faim si leur situation sociale ne s'améliorait pas. Les jours passèrent et sur une idée du père, ils plongèrent dans la délinquance. Ainsi, tous les matins, un commerçant du village se plaignait d'avoir été cambriolé. Au bout de quelques jours, les commerçants étaient lassés de ces vols à répétition et avaient découvert les coupables. Ils avaient pitié d'eux et ne voulaient pas les dénoncer à la police. C'est ainsi qu'ils décidèrent d'aider les paysans. Chaque mois, les 300 habitants du village leur donneraient quelques sous ainsi ils pourront acheter des médicaments et ils pourront manger à leur faim.
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La deuxième histoire est également intéressante pour tous ses flagrants raccourcis de pensée, laissant donc également entrevoir une vision déjà bien établie des choses.
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Tous les jours, les médias nous apprennent que des conflits ont encore éclaté dans le monde, ils parlent de drames, du chômage... Mais de nombreuses personnes vivent encore heureuses un petit peu partout dans le monde.
Pour s'en rendre compte, il suffit de regarder les reportages ou les documentaires sur les petites tribus aux allures primitives vivant dans la forêt amazonienne ou dans la jungle.
Ces tribus vivent simplement et se nourrissent sainement avec quelques fruits. Leurs seules préoccupations sont la pêche et la chasse. Ils passent leur temps dans la forêt car depuis tout petit, ils sont habitués à vivre ainsi. Ils s'amusent, ils se baignent dans les rivières.
Ils savent tout faire de leurs propres mains, il ne leur faut guère plus d'un morceau de bois pour fabriquer une hutte, un bateau ou tout simplement une statuette ou des bijoux. Ils ont aussi des rites et des coutumes qu'ils célèbrent autour d'un feu dans une ambiance joyeuse. Ces gens vivent en parfait harmonie avec la nature. Ils sont heureux et montrent leur bonheur.
Mais il n'est pas nécessaire d'aller en Amérique du Sud, au Canada ou en Australie pour rencontrer des gens vivant dans le bonheur. Car dans les grandes villes, près de chez nous et même, peut être, dans nos familles, des personnes vivent heureuses.
Ces personnes, retraitées, vont comme tout le monde faire leur marché le matin, soit toute seule ou avec leur animal de compagnie. Elles ont parfois perdu leur mari ou leur épouse et elles sont devenues fragiles ou très sensibles. Ces personnes se renferment sur elles-mêmes et ne se préoccupent pas des guerres ou des multiples drames dans le monde. Leurs vies nous paraissent tristes mais si on les observe quotidiennement, on s'aperçoit qu'elles sont en fait heureuses.
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vendredi 10 juillet 2009
Par Antoine,
vendredi 10 juillet 2009 à 22:01 :: Un jour en France
En passant par la place de la Concorde la première semaine de juillet, j’avais remarqué cette tribune qui commençait à être assemblée. Puis hier, c'est sans doute la répétition du défilé aérien que j’entendis en milieu d’après-midi. Difficile de voir quoi que ce soit car les nuages gris bouchaient le ciel. Seul le son du passage de trois avions de chasse et d'une palanquée d’avions à hélices m'est parvenu.
Et la voix du commentateur dans ma tête disait :
« Voici le 72ème Bataillon d’Infanterie de Marine qui se présente maintenant en bas des Champs-Elysées face à la tribune officielle, avec à sa tête le vice-amiral Marin de Lespoulette. Basée à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, ce régiment compte 1200 hommes parmi ses rangs, dont nous voyons ici 200 représentants. A sa tête depuis 3 ans, le vice-amiral de Lespoulette a mené ses hommes sur différents théâtres d’opérations, parmi lesquels une mission de sécurisation du territoire Ivoirien, en fin d’année 2007, dans le cadre du déploiement des forces de l’ONU au nord du pays. Ces hommes se sont aussi illustrés par leur appui stratégique, dans le Golfe d’Aden, aux hommes du 5ème Régiment Interarmés d’Outre-Mer basé à Djibouti. Enfin, dernier fait d’armes remarquable, le plus récent, la capture de pirates des mers menaçant la sécurité de plaisanciers civils au large de la Somalie à l’hiver dernier. Nous adressons une pensée chaleureuse aux 80 hommes de ce Bataillon encore engagés à ce jour sur des navires affectés à la surveillance et à l'interception de ces pirates preneurs d'otages dans l’Océan Indien. Vous pourrez noter par ailleurs que les épaulettes de l’uniforme du 72ème BIMa est cousue d’hermine en référence au premier Commandeur de ces troupes, qui n’était autre que Charles de Saint-Bris, dit Charles le Fou, descendant de Louis-Philippe d'Orléans. Filiation royale donc que nous retrouvons aussi sur le blason du Bataillon mêlant un navire pris dans la tempête et une couronne royale sous laquelle deux sabres croisent le fer. Leur devise « Fier et fort, grogne et mord » reste fidèlement servie par-delà les mers du globe par les hommes qui composent cette unité. »
Aussi rasoir qu’un couronnement de prince héritier et pourtant chaque année incontournable !
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lundi 25 mai 2009
Par Antoine,
lundi 25 mai 2009 à 00:58 :: Un jour en France
- Rappel des faits : l'intrigue, jusqu'alors située à Paris, mêle de multiples coïncidences suspectes et espacées de quelques heures à peine. -
En ce début du mois de mai, BenCo faisait escale à Paris au cours d'un voyage qui le ramènera aux USA où il est expatrié depuis plus d'un an. Comme nous l'avions déjà fait en début d'année, nous dissertions de la façon dont les publicitaires tentent aujourd'hui de vendre des voitures en nous appuyant sur nos deux spots fétiches en la matière, j'ai nommé : la
publicité pour la Citroën BX et sa
déclinaison pour la Citroën BX 19 GT.
Quelques jours passent... et voici BenCo de retour outre-atlantique. En cette fin d'après-midi du 18 mai, alors qu'il quitte son lieu de travail pour rentrer chez lui, sur l'autre rive du Potomac, BenCo tombe, juste avant de s'engouffrer dans le métro, nez à nez avec un clochard Coréen porteur d'un message bien étrange. L'homme, qui me rappelle un autre
étrange clochard qui avait pour habitude d'errer boulevard du Montparnasse, ne parle pas un mot d'anglais et a pour seul bagage une sorte de chariot sur lequel est placardée une ribambelle de messages, écrits en Coréen et renvoyant pour bon nombre d'entre eux à des URL... Au milieu de tous ces cartons griffonnés, une ligne est intelligible pour nous qui ne lisons pas le coréen. Celle ligne dit : "Citroën GT" !
Qu'est ce que cela veut dire ? La Citroën GT à laquelle nous faisions référence, deux semaines auparavant à Paris, a plus de 25 ans. Quelle est la probabilité pour qu'un individu tienne une conversation portant sur un sujet âgé de 25 ans, et retrouve ce même sujet, écrit sur un carton, deux semaines plus tard, à plus de 5000 kilomètres du lieu de la conversation initiale ? L'énigme continue de s'étoffer, et il doit pourtant bien exister un élément commun reliant, résolvant même peut-être, toutes les questions en suspens. To be continued.
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