Antoine Online

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vendredi 12 août 2005

World Summer Tour '05



En 1 mois, j'ai parcouru environ 33000 kilom?tres.
Unbelievable.


lundi 8 août 2005

ABC Bad News Tonight



Il y a moins de 3 semaines et demi, ? l'endroit m?me o? fut pris la photo ci-dessus, je me demandais ce que devenait Peter Jennings, pr?sentateur super-star de JT sur ABC, depuis l'annonce en Avril dernier de son cancer des poumons. Et bien la r?ponse, je l'ai eu ce soir en ouvrant l'?dition du Monde online, il souffrait et il en est mort hier.

C'est triste, c'est le premier pr?sentateur am?ricain que j'ai connu dans ma t?l?. Tous les matins de Terminale, en sortant de la douche, j'allumais la t?l? sur Canal+ vers 7h30 pour voir le "ABC World News Tonight With Peter Jennings" retransmis live par Canal depuis la c?te Est. C'?tait sympa. J'ai s?rement commenc? ? progresser, ? aimer ?couter l'anglais et ? m'int?resser aux USA gr?ce ? Jennings.

Les ann?es qui suivirent, je suis rest? abonn? ? sa newsletter quotidienne puisque je ne pouvais plus le regarder. Je n'oublierai pas ces petites tranches de "Breaking News" au sortir de la douche de l'ann?e 1997/1998.

dimanche 7 août 2005

Par Toutatis !

Nom de Zeus ! Vendredi 5 Ao?t 2005 restera le jour de ma premi?re alerte au typhon. Typhoon alert communiqu?e par la m?t?o locale et nationale, et m?me internationale puisque j'ai vu qu'ils en parlaient sur CNN. Des vents de force 9 annonc?s pour la soir?e, accompagn?s de fortes pr?cipitations, ?a promettait. En d?but d'apr?s-midi, je restais un peu circonspect car le ciel ?tait encore bleu et la temp?rature comprise entre 30 et 35 degr?s, une l?g?re brise rendait le tout supportable. Les coll?gues chinois avec qui je devais faire le voyage vers Shanghai dans la soir?e me pr?venait pourtant qu'il serait pr?f?rable de partir plut t?t si nous voulions ?viter tout ennui. C'est donc sous la menace d'une vilaine temp?te que nous nous mettions en route sous un grand beau soleil.


Arriv?s a Shanghai avant la tomb?e de la nuit, chacun regagnait rapidement son logis et mes coll?gues me prodiguaient quelques derniers conseils, comme avant une grosse bataille : "Surtout si tu dois sortir fais tr?s attention. C'est dans les villes qu'ont lieu les chutes d'objets lourds ou d'arbres. Fais super gaffe, les rafales sont dangereuses. Garde toi de faire le mariole". A ce moment ci, ils ?taient d?finitivement parvenu a me sensibiliser au danger potentiel de la situation et j'attendais avec impatience le d?but des hostilit?s retranch? derri?re la fen?tre de ma chambre.


A la tomb?e de la nuit, le vent forcissait assez durement. Les plus grosses rafales r?ussissait a faire stopper les passants dans leurs progression contre les ?l?ments. (J'appris le dimanche matin par la voix du Shanghai Daily, que le typhon n'?tait encore alors qu'? 6 heures des c?tes chinoises.) Et d'un seul coup, sans crier gare, le d?luge s'abbatit sur la ville. Passant d'un ?tat tout sec a un ?tat tout tremp? en 1 seconde. Incroyable, la pluie produit un vacarme monstre pendant une demi-heure, puis elle se fit plus ou moins intense durant les heures qui suivirent. La quantit? d'eau tomb?e lors de la premi?re demi-heure fut si importante que tous les caniveaux se sont trouv?s satur?s, provoquant l'inondation partielle des chauss?es. Chaque carrefour ?tait devenu une v?ritable piscine. Les bourrasques de vent, se frayant un chemin al?atoire entres les hauts immeubles, faisaient changer l'orientation de la pluie constamment.


Je me suis couch?, il pleuvait encore. Puis, je me suis lev? samedi, il pleuvait toujours. A la mi-journ?e, je me d?cidais ? aller jouer au "reporter de guerre" en allant braver cette bonne temp?te dans la rue. Rendu sur le trottoir en bas, j'ai tout de m?me h?sit? quelques minutes me demandant si ?a en valait bien la peine. Pour vous donner une idee, ?a n'etait pas du niveau de la fameuse temp?te de la fin d?cembre 99 en France mais celle-ci n'avait rien ? envier a une d?pression col?rique s'acharnant sur la pointe Bretagne, et que l'on observerait par exemple... de la pointe Bretagne. Retrouver en pleine ville, des conditions m?t?orlogiques jusqu'alors uniquement connues sur le front de mer, cela procure tout de m?me a la situation un caract?re exceptionnel. Je n'arr?tais donc pas de voir d?filer des gens courant sous mes yeux et ayant l'air d'?tre tomb?s tout habill? dans une piscine. Un sprint d'une cinquantaine de m?tres me permettait d'atteindre un premier grand centre commercial sans trop de dommages. C'?tait de la pluie qui mouille, ca j'en ?tais a pr?sent convaincu mais je ne sentais pas encore le chien mouill?. Puis j'ai travers? la ville au sec, jonglant entre les centres commerciaux reli?s au m?tro, les passerelles entre les immeubles, et les stations de m?tro. Sur le chemin, je r?ussis ? me nourrir, ? me faire couper les cheveux, ? boire un caf? et a chaque ?tape la m?me chose : derri?re la vitre, des gens qui courent, des parapluies qui se retournent, des automobiles projetant en l'air les gerbes d'eau que les ?gouts ne parviennent pas ? avaler. Et l? c'est le drame : mon objectif suivant n'est reli? ? rien de sec. Il me fallait sortir ? d?couvert.


J'ai encore une fois h?sit? quelques minutes ? la sortie d'une station de m?tro avant de me lancer, mais j'?tais parvenu ? mettre ce temps ? profit pour ?tudier l'encha?nement des feux de circulation au carrefour qu'il me fallait traverser. J'?tais d'un c?t? d'une grande avenue, il fallait que je cours une vingtaine de m?tres, que je traverse 2 passages pi?tons, que je cours de nouveau sur une vingtaine de m?tres et j'atteindrai le seuil du centre commercial special informatique du quartier que je visais. Le petit bonhomme vert se met ? clignoter, c'est le signal ! Je me rue vers la chauss?e, au moment o? le petit bonhomme passe au rouge, je finis de traverser le premier passage pi?ton. Dans le m?me temps le petit bonhomme du second passage ? franchir passe au vert, j'encha?ne direct, pas un temps mort, pas une pause. 20-25 secondes sous l'eau tout au plus, et je suis arriv? : trem-p?. Le tee-shirt coll? sur moi et plus transparent que blanc, les pompes qui font floc-floc, le pantalon imbib? de flotte jusqu'aux genoux. Mais heureusement, ? cette ?tape de ma vir?e, il y avait une petite vendeuse de parapluie ? la sauvette. J'en pris un et l? du coup, ? moi le loisir d'aller me promener dans la rue d?serte de passants pour ?valuer un peu les d?gats que peut causer pareil ph?nom?ne. Bon, finalement, rien de bien m?chant, un affichage en n?on d'environ 5 m?tres sur 3 ayant vol? en ?clats, des pots de fleurs publics renvers?s, des poubelles arrach?es, quelques branchages par ci par l?, des arbres malmen?s dans des parcs. Un d?racinement. Finalement, la premi?re victime de tout ?a, c'est l'humain. La meilleure facon de progresser que j'ai pu trouver est de plaquer le parapluie sur soi. Rien ne sert de le tenir au-dessus de sa t?te puisque l'eau vient ? l'horizontale. De cette mani?re, on a au moins la t?te et le haut du corps ? peu pr?s prot?g?, tant pis pour le futal et les shoes. Le truc id?al ?tant de s'armer d'une combinaison cir?e int?grale et d'une paire de bottes en caoutchouc comme certains chinois que j'ai crois?. Malheureusement, je n'ai pas cet ?quipement dans mes bagages.


J'ai tenu 4 heures dans mon pantalon pesant 15 kilos tellement il transportait d'eau, et puis j'en eu vraiment assez de jouer a l'?ponge, je me suis rentr?. De retour derri?re ma fen?tre, mon poste d'observation, j'ai essay? de voir d'o? venait toute cette eau. Sans succ?s, le ciel ?tait gris blanc et au premier plan j'observais d'autres nuages "l?gers" d?filant a toute vitesse. Pas moyen d'?tre rensieng? sur le temps que ?a allait encore durer. Le samedi soir, je me suis aventur? jusqu'au "cafe grill pizzeria" d'en bas (g?n?raliste le restaurateur) et y'avait pas grand monde pour me d?ranger. 42 couverts potentiels... 3 clients (dont moi). J'ai regard? les gens mouill?s defil?s de l'autre c?t? de la vitre pour la ?ni?me fois de la journ?e. Les pr?cipitations restaient assez fortes. En fond sonore dans ce restaurant, j'avais le droit a "Shaniania" et le mythique "ouoh ouoh ouoh oh oh oh ouyeah ouyeah ouyeah yeiiiyeah" de circonstance puisque d'habitude les typhons dont on entend parler s'appellent des ouragans et sont floridiens. D?cidement ? ce moment l?, il ne manquait que les dauphins sautant de flaque en flaque... 23 heures pass?es, et ca fait plus de 24 heures qu'il ne s'?tait pas arr?t? de pleuvoir une seule seconde. Je m'endormais en me demandant dans combien de temps le ciel cesserait-il de nous tomber sur la t?te. Le dimanche au r?veil, c'?tait termin?. J'apprenais pendant mon petit-d?jeuner qu'environ 45000 personnes avaient ?t? ?vacu?es de la c?te vers les terres tout de m?me. Quelle aventure...