Antoine Online

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lundi 26 septembre 2005

Marketing oriental


Il y a peu de temps, en revenant d'une journ?e de travail, je trouvais un prospectus du supermarch? du coin sur le pas de ma porte. Cool, j'allais enfin pouvoir partager les lois du marketing chinois avec vous. C'est aussi l'occasion de faire un petit benchmark sur toutes sortes de produits. Et cerise sur le g?teau, d'appr?cier le sens du service ? l'asiatique

























mardi 20 septembre 2005

Fougasse


Fougasse est le nom de mon v?lo. J'en ai fait l'acquisition au mois au d?but du mois de Mars 2005 pour une poign?e de dollars (342 Yuans avec le cadenas qui repr?sente 10% de la valeur de l'ensemble, soit m?me pas 35 euros au cours actuel). J'ai men? une longue r?flexion sur le nom que j'allais lui attribuer.

J'?tais parti sur la piste de "Tonnerre" ou "Tornado" mais ces deux noms avaient d?j? ?t? employ?s pour de fid?les destriers chevauch?s ? La Rochelle. Ce n'?tait donc plus possible. Puis, j'avais pens? ? faire dans le sous-marin nucl?aire lanceur d'engins avec "Le Triomphant" ou "Le T?m?raire" mais c'?tait un peu sur-calibr? pour mon 2 roues. Tant que j'?tais ? penser aux choses qui vont sur la mer, j'?tais aussi tent? par "Pacific Princess", mais non car ?a faisait trop gay ; par "Le Majestueux" en r?f?rence au "Majesty of the Seas", mais ce v?lo n'a objectivement rien de majestueux ; pareil pour "Monarch of the Seas" et "Sovereign of the Seas" ; ?ventuellement Freedom mais non, trop provocateur.

Je revenais au concept de d?part qui ?tait de lui inculquer l'id?e de la vitesse... je me suis fix? sur "Fougasse", bien s?r d?riv? de la fougue. Et puis dans "Fougasse", on trouve 2 r?f?rences int?ressantes. La premi?re ? ce bon pain qu'on ach?te au march? de La Baule en vacances. La deuxi?me ? un fameux gendarme, incarn? par l'ami Jean Lef?vre. Comme ?a, de temps en temps, ?a me permettrait de penser ? Saint-Tropez, o? je ne suis d'ailleurs all? qu'une fois et hors saison qui plus est. Et c'?tait s?rement mieux ainsi.



A la diff?rence des v?los des grandes villes, Fougasse ne se fait pas voler. Il a ? peine commencer ? rouiller, ce qui est aussi un t?moin de bonne sant? car tous les v?los chinois semblent s'auto-d?truire en quelques mois. Et enfin, il ne cr?ve pas. Je l'ai regonfl? hier. Voil?... c'est tout ce que j'ai ? dire ? propos de la Guerre au Viet-Nam.

lundi 19 septembre 2005

Comme un lundi


La journee a commenc? de mani?re brusque ? 4h30 du matin apr?s au moins 1 bonne heure et demi de sommeil. Ne pas r?ussir ? trouver le sommeil entre minuit et 1h m?a compl?tement perturb?, si bien qu?? 2 heures je ne parvenais toujours pas ? dormir? dernier check sur la pendule ? 2h37 en me demandant quand est-ce que mon m?tabolisme me permettrait enfin de faire ce que je lui ordonne.

De 4h31 ? 4h38, check des emails et de l?actu de t?te de ligne. 4h39 ? 4h47, douche. 4h47 ? 4h58, fin de la toilette (trop) matinale. 4h59, check out ? la r?ception. 5h02, alpaguage d?un taxi dans la rue et premi?re phrase prononc?e (elle fait mal celle-ci) : ? 你好 户太路 中山北路 ?. Le minimum syndical quoi, un bonjour, un croisement et roule ma poule. A ma grande surprise, ?a a march? du premier coup. 10 minutes plus tard, je retrouvais mes petits camarades de route (et de boulot) dans la salle d?attente de la gare de bus ? long-distance ?. J?avais facile 20 minutes d?avance, ?a compte 20 minutes ? cette heure ci. Une chose singuli?re ? noter tout de m?me, le jour s?est lev? entre 5h15 et 5h30 aujourd?hui et j?ai revu pour la premi?re fois depuis des mois tout le 3?me ?ge en pleine s?ance de gymnastique in the street. Mon explication est la suivante : en ?t?, les chinois font leur gym plus t?t le matin car apr?s il fait trop chaud.

L?erreur commise aura donc s?rement ?t? de tout donner dans cette premi?re heure post-r?veil. J?eus beau m?assoupir dans le bus, en faisant abstraction de la t?l?vision perch?e au-dessus du chauffeur qui beuglait et de la mamie dans mes 9 heures qui rotait all?grement toutes les 3 minutes, ce ne fut point trop r?parateur. Tout juste cela m?a permis de me lever et de sortir au grand air juste apr?s la travers?e de l?embouchure de la Yangtze River (18 kilom?tres de large, je ne le r?p?terai jamais assez). Direction un taxi pourri, 45 minutes de route et me voici dans mon bureau.

Second d?but de journ?e, r?gulier celui-l?, plus dans la norme des autres jours. J?allume mon robuste ThinkPad, je v?rifie sur la messagerie que le devoir ne m?appelle pas trop urgemment. C?est bon... maintenant je peux comater quelques nouvelles poign?es de minutes en parcourant les analyses online du scrutin allemand d?hier. Et voil? comment configurer une matin?e semi-l?thargique. Toutes les 15 minutes, je suis tout de m?me tir? de mon isolement c?r?bral par quelques questions ?manant des chinois qui m?entourent, je saupoudre habilement mes 2 r?ponses pr?f?r?es du jour sur leurs interrogations : ? Change rien, c?est super. ? et ? Non ?. J?ai m?me accept?, en gage de ma bonne volont? et pour red?montrer le d?gr? ?lev? de mon implication personnelle qui se veut avant tout rentable pour ma personne (c?est-?-dire efficacit? maximale au co?t du moindre effort) de me lever pour aller checker un truc qui se trouvait loin. Si c?est pas du sacrifice ?a !

Sur le chemin, pour taper la discussion, le mec me demande si j?aime le ? moon cake ?, le fameux g?teau qu?ils se sont tous offert la veille pour le festival de la mi-automne. Moi, pas fou (je commence ? les conna?tre), je me dis ? moi-m?me : ? Si je r?ponds oui, il est capable de m?en offrir une caisse? jouons la s?curit?. ?. A voix haute cette fois-ci : ? Euh oui ?a peut aller, pas en trop grande quantit? quand m?me, en fait j?aime surtout les g?teaux sucr?s. ? H?h?h?? malin le gars, je sais tr?s bien que eux ne les aiment pas ou beaucoup moins donc ils n?en ont s?rement pas sur eux. Et le tour est jou?.

Ah et puis dernier courant de pens?e en date, les chinois sont persuad?s que je vais me faire rapatrier en France vite fait bien fait sous la contrainte car l?entreprise change d?actionnaire principal. Donc toujours selon eux, tous les boss vont se faire ?jecter (?a encore c?est envisageable) et moi, je vais me prendre un vieux block dans mes activit?s. Pour les plus optimistes, je vais avoir le droit de retourner travailler en France, quant aux plus pessimistes, ils m?ont d?j? demand? si je pensais pouvoir retrouver un travail en France? Merci les gars. D?cid?ment, nous ne sommes pas dans le m?me r?f?rentiel.

Avec tout ?a, je ne suis toujours pas certain de pouvoir tenir ?veill? apr?s 17 heures. We?ll see.

dimanche 18 septembre 2005

18/09/2005


Aujourd'hui, Dimanche : Libert? ! Je n'ai quasiment subi aucune agression directe durant la journ?e si ce n'est les quelques d?sagr?ments li?s ? la surpopulation lorsqu'on s?journe dans une ville de 15 millions d'habitants.


Le Shanghai Concert Hall au premier plan et les tours bordant HuaiHai Road derri?re.


Cela faisait longtemps que je n'avais pas assist? ? l'embrasement de Pudong ? la nuit tomb?e. Le jour ?tait bien choisi puisqu'en plus une pleine lune s'est lev?e d'entre les tours. Voyez plut?t.

17h30 18h00


18h30 19h00

La rive sur laquelle je me trouvais est aussi bien garnie en n?ons. La photo suivante en t?moigne.


Un auto-portrait tout ? fait remarquable pour terminer...


Stupid crowd


Stupid and frightening above all ! En ce moment, je n'ai pas le droit ? un jour de repos. Aujourd'hui j'ai bien failli mourir pi?tin? comme dans un p?lerinage ? La Mecque. Rien que ?a. Depuis le d?but de la journ?e, il faisait encore au moins 30 degr?s ? Shanghai, ce qui n'est pas hyper agr?able pour se balader. Et pourtant c'est ce que je fis toute la journ?e jusqu'? arriver sur HuaiHai Road. Des barri?res ?taient dispos?es sur toute la longueur de la partie commer?ante de la rue, de People's Square ? Shimen Road, soit sur au moins 3 kilom?tres, ? l'occasion du Shanghai Tourism Festival.

Moi je passais par l? car je voulais aller m'acheter une bo?te de "Petit Ecolier" au supermarch? pour expatri?s de "Lane Crawford" afin de ne pas mourir de faim demain matin entre le moment du r?veil et celui o? je pousserai la porte du Starbucks.

Malheureusement cette foule qui noyait la rue ne m'a pas fait peur, c'est donc presque amus? et curieux que je d?cidais de la longer. Le festival d?butait tout juste, les premiers chars d?filaient et les fanfares jouaient fort, toujours rien d'effrayant. Plus j'avan?ais et plus la densit? de personnes au m?tre carr? ?tait ?lev?e, jusqu'au moment o? je me suis retrouv? dans un goulet d'?tranglement dans une file quasiment ? sens unique. Coinc? comme un lapin contre une fa?ade en b?ton et des badauds accoud?s aux barri?res, je commen?ais ? sentir la pression du connard qui me suivait. Celui-ci m'enfon?ait son coude dans le dos pour m'aider ? avancer. J'aurai d? ?tre violent. Au lieu de ?a, je ne faisais que m'appuyer de tout mon poids sur lui pour lui faire comprendre que son petit man?ge ?tait inutile. Et puis les rangs se resserraient encore et encore jusqu'? me retrouver litt?ralement pris en ?tau de tous les c?t?s. La foule d'une centaine de personnes prises au pi?ge commen?ait ? s'?chauder, ?a braillait pas mal, les flancs d'une tribune se dressaient face ? nous, un parapet d'1 m?tre de haut avec des gens debout dessus sur notre droite, les barri?res sur notre gauche, et les cons qui poussaient derri?re. Je ne voyais pas d'?chappatoire possible ? part casser la gueule d'un mec sur le parapet et lui prendre sa place.

L?, on en ?tait au point o? j'?tais tout rouge, essayant de contr?ler ma respiration, ne cessant de me r?p?ter qu'il ne fallait pas c?der ? la panique et qu'il ?tait plus temps que jamais d'appliquer la r?gle du fameux "Je reste calme et je bois mon caf?." Tout du moins la premi?re partie de la r?gle. Sauf que nous y ?tions, les gens autour de moi avaient compl?tement perdu leur sang-froid, ?a commen?ait ? s?rieusement chier dans tous les sens. Les gens tentaient de se hisser sur le parapet en ?tant hyst?rique, ils se faisaient limite marcher sur la gueule. Je continuais d'essayer tant bien que mal de contenir les gens autour de moi loin de mes poumons pour garder un maigre espace vital me permettant de respirer. C'est devenu trop difficile, je d?gageais alors mes bras vers le haut de mani?re ? pouvoir m'agripper aux autres car tout le monde ?tait bouscul? et manquait de perdre l'?quilibre en permanence. Dans un geste animal, j'ai tent? ? 2 reprises de me hisser sur ce fameux parapet pour fuir par les pelouses derri?re, mais ? 2 reprises je suis retomb? ? la renverse dans la foule ! Et mes pieds ne touchaient pas le sol tout de suite, non, les deux fois o? je suis retomb? j'ai parcouru quelques pas port? ou plut?t serr? par cette masse tr?s flippante. Finalement, coinc? contre le flanc de la tribune, l'?chappatoire ?tait l? sur la droite, j'ai manqu? de me casser la gueule en sortant de la meute ? cet endroit car il y avait une petite marche masqu?e par le gars qui marchait ? trois centim?tres devant moi. Si j'?tais tomb?, les suivants auraient ?t? capables de me pi?tiner !

Une fois sorti de ce p?trin, j'ai pris un bon coup de flippe ? rebours, bien essouffl? et maintenu sous tension par une bonne petite mont?e d'adr?naline, j'allais m'asseoir quelques minutes. J'avais vraiment les jambes en coton. Je puais la trouille. Et pendant ce temps-l?, ? 10 m?tres sur notre gauche, les fanfares et les chars continuaient de jouer de la musique ? fond les ballons, compl?tement inconscients de ce mini drame. C'est une ambiance un peu sp?ciale, se retrouver en lutte pour sauver sa peau au beau milieu d'un festival de gens heureux jetant serpentins et cotillons sur la foule, ?a fait bizarre.

Qu'en retirer ? Pendant tout le moment o? je luttais comme un fou pour ?viter l'?crasement et le pi?tinement, je songeais que dans le cas de ph?nom?nes de foule plus importants encore, le danger devait venir de l'?vanouissement. Au centre de l'action, la temp?rature et la tension sont maximales et je suis certain que les premi?res victimes font des malaises, s'effondrent et se font pi?tiner. Le deuxi?me danger est que la foule est tellement compacte qu'on est en d?s?quilibre permanent. Pas moyen de bouger ses pieds et pourtant ?a pousse dans tous les sens, il en faut tr?s peu pour s'?taler en avant.

Ensuite comment se fait-il que je n'ai pas song? ? faire demi-tour lorsque ?a commen?ait ? un peu trop sentir la merde ? Je ne sais pas, ?a n'?tait peut-?tre pas possible mais je n'y ai m?me pas pens?, je crains. L'id?al aurait ?t? de ne pas s'engager du tout de toute fa?on. Comment se fait-il que je ne sois pas parvenu, fut-ce ? 4 pattes, ? prendre la poudre d'escampette par le petit parapet ? Parce que je le voyais ? peine tellement il y avait du monde dessus et que les deux fois o? j'ai tent? de m'y hisser, un mec me g?nait devant et ne faisait rien pour ?viter que je sois repr?cipit? en arri?re. Cela dit, je pense qu'? 4 pattes avec quelques mauvais coups, ?a aurait pu passer.

Morale de l'histoire : Les foules de rues sont dangereuses et compl?tement d?raisonnables. Il faut les fuir.

Post-Scriptum : Une bonne nouvelle aujourd'hui quand m?me, j'ai achet? mes billets d'avion pour faire un tour de Chine la premi?re semaine d'Octobre.


La mascotte du festival


samedi 17 septembre 2005

Degenerescence


Il y a des jours comme ça où on se lève fatigué avec une idée pré-conçue de ce que sera la journée. C'est ce qui m'est arrivé aujourd'hui, levé à 7h00 fatigué, un coca et des gâteaux pour petits américains en guise de petit déjeuner, une douche, un sac fait pour partir vers Shanghai le soir ? 17h00... enfin tout du moins le croyais-je encore à cette heure là.

On devrait s'interdire de pré-concevoir des choses, à plus forte raison ici en Chine, car la journée a connu une charnière, qui sur l'instant n'avait l'air de rien, mais qui rétrospectivement a bel et bien marqué la faille d'entrée vers une nouvelle expérience délirante.

C'est arrivé sur les coups de 10 heures du matin par le biais d'une question innocente, alors que je venais de croiser un collègue venu de France et qui terminait là une tournée des fournisseurs potentiels de notre business... un collègue chinois s'approche et me dit : "Il reste un fournisseur à visiter cet après-midi. Est-ce que ça te branche de venir avec nous ?" Pour sûr que ça me branchait ! C'est toujours l'occasion de se barrer plus tôt et donc d'arriver à Shanghai plus vite. Et si d'emblée j'ajoute qu'il m'était impossible de deviner, qu'en répondant par l'affirmative à cette question, j'allais me retrouver à 23h00 au 4ème étage d'un bar à putes karaoké de Suzhou en train d'uriner contre des galets alors que dans le même temps un chinois me masse le dos... vous allez me dire : "Evidemment, c'était difficile à deviner". Mais je crois lire l'expression de la stupéfaction sur vos visages. Laissez moi donc vous conter l'enchaînement des évènements m'ayant conduit à cette embarrassante position.

Je reprends : il était 10 heures du matin lorsque j'accepte d'aller visiter un fournisseur chinois implanté dans la région de Suzhou en compagnie de trois collègues (2 chinois et 1 français). Nous devions initialement partir aux alentours de onze heures maximum. Mais le français ayant beaucoup à faire, nous nous retrouvons à midi et quart à la cantine pour un repas sur le pouce, il était devenu question de décoller à 13 heures. Devant cette assiette de bouffe peu appétissante, je rêvais déjà du bon hamburger / frites / coca que je dégusterai le soir même au dîner. Seconde erreur de la journée. J'étais encore une fois en train de me projeter dans le futur.

A 13 heures pétantes, nous partions pour 2 heures de voiture prévisionnelles. Mais rendu aux abords de la ville cible, nous voilà à tourner en rond apparemment un peu paumés. Je lance sur le ton de la blague "Can we consider that we are lost ?", réponse sèche dans ma tronche une demi-seconde plus tard "Not lost !". Oulà... visiblement il ne s'agit pas du bon moment pour lui mettre le nez dedans. 30 minutes plus tard, nous voici arrivés à bon port. La visite de l'entreprise commence et je souris béatement, et intérieurement, en entrant dans l'équivalent du bureau d'études. Je me demandais si desfois ils n'étaient pas un peu en train de se foutre de notre gueule. Tout simplement car il y avait une quinzaine de bureaux avec de belles stations CAO sur chacun d'entre eux et qu'à l'instant précis où nous entrions, ces bureaux étaient assortis de 15 employés mimant parfaitement bien l'attitude de travail au taquet et, pour notre plus grand bonheur, ils venaient juste de sortir les plans des pièces que nous leur faisons fabriquer pour vraiment qu'on y croit encore plus. Je ne veux pas dire par là que j'étais étonné de les trouver en plein travail, mais le fait de tous les voir en train de tripoter quelque chose en rapport avec nous, ça sentait la simulation. Cette impression me fut confirmée après 2 minutes d'observation de quelques uns d'entre eux, les bougres ne faisaient que tourner la pièce sur elle-même dans un logiciel sans y apporter la moindre valeur ajoutée. C'est bien normal puisque le travail était terminé, mais dans ce cas il pouvait se dispenser de nous jouer leur numéro. Enfin c'était rigolo. J'écris j'écris et nous sommes encore loin de l'ambiance apocalyptique précédemment décrite me direz-vous, c'est vrai. Nous voilà au commencement du dérapage à peine contrôlé.

La visite se termine et l'executive manager de cette estimable raison sociale, qui par ailleurs fait objectivement du bon travail pour nous, nous propose de nous emmener voir les rives du Thai Lake situé à quelques kilomètres de là avant de nous emmener dîner. Voici donc la première surprise, nous nous apprêtions à prendre la route pour la grande ville lorsque patatra, les voilà qui saccagent tous nos plans de soirée... le problème, c'est que des plans de soirée, nous n'en avions justement pas, nous ne pouvions donc qu'accepter la proposition.

Et nous voilà dans la voiture du mec nous emmenant vers le lac. Nous observons les berges sur quelques kilomètres depuis l'intérieur puis il nous invite bien sûr à descendre pour une courte ballade à pied. Nous nous sommes retrouvés dans un paysage surréaliste : une brume de chaleur enveloppant l'intégralité du spectre visible, un soleil observable à l'oeil nu au travers d'une couche de nuage opaque, des teintes jaunâtres et laiteuses, des constructions en bois comprenant un bateau + un restaurant + un ponton sur les rives du lac et des dizaines de personnes en train de célébrer, paraît-il, le mid-autumn festival autour d'un buffet cocktail. MaisOMG1. Les choses ne paraissaient vraiment que pouvoir sortir d'un film tant c'était décal?é Je passe sur la ribambelle de paysans paysagistes sur le bord de la route, bien intrigués de voir 2 occidentaux dans ce décor. Je décerne une palme à celui qui était vêtu d'un seul slip de laine au loin sur son embarcation de fortune assimilable à une pirogue. Complètement crazy le tableau.

Après cette vision bucolique vint l'heure de se rendre au restaurant et coup de théâtre, notre fournisseur venait de se faire appeler pour un audit sauvage mené par une ramification du gouvernement local. Ce n'est point un problème, il nous dégote 2 ou 3 larbins à lui pour nous emmener et nous annonce qu'il nous rejoindra plus tard. Nous voici face au restaurant, façon Las Vegas, une façade couverte de néons nous accueille.

L'ambiance à l'intérieur est survoltée. Nous déboulons en plein karaoké général, les chinois se relaient sur l'énorme podium pour venir brailler de tous leurs poumons dans le micro. C'est relativement insoutenable, difficile de s'entendre parler. Pour passer notre commande, nous sommes invités à venir dans une autre salle où sont exposés tous les mets cuisinés et proposés à la carte. En entrant, j'ai le droit à un Pepsi gratos, ça fait plaisir. Sauf que... sauf que cette salle est un peu particulière. Certes je peux y boire mon Pepsi sans être inquièté, mais je dois endurer un niveau sonore de 250 décibels dans le genre HardTech. Les plats sont exposés au milieu d'un décor de discothèque, avec la musique qui va avec donc, 2 chinoises que je qualifierai de "plutôt dénudées" dansent frénétiquement sur des podiums à 2 mètres du sol. Les spotlights éclairent la pièce de toutes les couleurs... MaisOMG2. C'est du grand n'importe quoi. C'est le moment qu'a choisi mon collègue français pour dresser un premier bilan de cette dernière heure : "ça fait vraiment pays de dégénérés." Je ne peux qu'être d'accord avec lui, au risque de me faire une nouvelle fois traiter de "border line" par Flo. Y'a des jours où on peut s'abstenir de porter des jugements hâtifs mais là en toute honnêteté, c'est allé trop loin pour que nous acceptions de rester muets. Enfin trop loin c'est vite dit, puisque ceci n'est rien en comparaison de ce qui allait suivre.

De retour à table, je ne sais que choisir : entre oreilles de cochons, coquilles visqueuses et petit bout de viande foncé... je prends le petit bout de viande foncé. Je le mastique, l'avale et suis agréablement surpris par un petit retour de goût de viande fumée. Pas mal me dis-je !
- "Do you like it ?"
- "Yes, what is it ?"
- "It is monkey."
- "..."
Mais OMG3.
En l'espace d'une seconde, je venais enfin de comprendre le sentiment éprouvé par des centaines de gens m'ayant toujours affirmé "Manger du chien, moi je ne pourrai pas." Moi, je ne mange pas du singe. Je ne mange pas une espèce dont une des ramifications a un génôme à 99% commun à celui de l'humain. Je repoussais le plat, les yeux médusés, encore traumatisé par la dernière bouchée que je venais d'avaler.

Il y eut aussi le homard à moitié tranché, carapace arrachée, queue ouverte, rempli d'une espèce de gelée pas trop belle à regarder MAIS encore vivant le homard. MaisOMG4. Là, c'est mon collègue français qui a bloqué. Quant à moi, je détournais simplement le regard. Mais avec la fine insistance caractérisant nos collègues asiatiques, il a bien fallu tendre la cuillère et goûter de cette onctueuse gélatine, finalement un peu croquante sous la dent, afin de vider rapidement ce plat et d'aller cuisiner le reste du homard. Après ça, je suis en train de me dire que désormais je vais être sans concession sur ce qu'on essaye de me faire manger. Je ne pardonnerai pas facilement. Faut pas déconner, je ne suis pas venu pour choper une encéphalopathie.

Le dîner se termine, j'ai alors l'idée d'aller aux toilettes, bien mal m'en pris. Je n'avais pas besoin de tomber nez à nez avec cette gerbe diarrhéique retapissant le sol et les parois du box du milieu...MaisOMG5. Non... je n'avais pas besoin de ça. Soit. Après toutes les montagnes déjà enjambées, il aurait été dommage de chuter sur un petit désagrément de la sorte. J'avais dans l'idée que notre départ pour Shanghai devenait imminent. Que nenni, et ce n'est pas faute de s'être battu pour retrouver notre liberté d'action.

Notre fournisseur chinois, qui venait alors de revenir de son audit impromptu, nous informe qu'il aimerait bien nous inviter à boire un coup après le restaurant. Nous lui expliquons que nous avons un peu de route à faire, que nous avons même du travail, des mail à envoyer, etc. Rien y fait, il va même jusqu'à nous proposer de retourner à son entreprise pendant 2 heures afin de bénéficier d'une salle de travail et d'une connexion internet, avant d'aller boire un coup avec lui. Bon là manifestement, il n'avait pas envie de nous laisser partir. Nous voilà rendus sur le parking du restaurant à transférer nos bagages de la voiture de notre chauffeur au coffre de la voiture du fournisseur car notre chauffeur devait rentrer chez lui et s'il nous accompagnait plus tardivement, il se retrouverait bloqué jusqu'au petit jour pour traverser le YangTze. Incroyable. Je lançais à mon camarade français : "Il va peut être nous garder à dormir après, qui sait ?". Je n'étais pas si loin de la vérité.

Nous commençons par une ballade en centre-ville. Puis sur requête de notre fournisseur, nous entrons dans un établissement lumineux depuis le trottoir, mais sombre de l'intérieur, où le taux de femmes au mètre carré est anormalement élevé pour ce que nous appellerions en Europe un "bar classique". MaisOMG6. Comme nous ne sommes pas non plus que des imbéciles, nous savions très bien à quoi nous attendre. Personnellement, j'avais déjà eu le droit à quelques récits d'autres français s'étant retrouvés dans des situations similaires. Il allait falloir choisir une fille. On m'avait expliqué qu'il était impossible de refuser sous les yeux du fournisseur. Par une telle attitude, tout ce que je risquais c'est de voir débouler une deuxième brochette de filles, toutes renouvelées, car j'aurai donner l'impression que le premier lot n'était pas à ma convenance. Et ce soir, le fournisseur était bien sûr là, donc pas question de refuser quelque généreuse attention que ce soit, au risque de me prendre des coups de coude dans les cotes par mes collègues chinois.

Autant dire que lorsque, installés dans notre petit salon équipé d'un écran géant pour le karaoké, nous avons vu entrer une douzaine de chinoises et qu'il nous a été demandé d'en choisir une chacun, nous savions déjà que le but était de "profiler" la plus timide possible si nous tenions encore à notre tranquillité d'esprit. My french colleague a choisi en premier, et a choisi celle que j'avais aussi "profilé" comme étant la plus réservée. Je fus contraint de me reporter sur la numéro 2 de ma liste. C'est cette même numéro 2, qui quelques minutes plus tard, insistante comme jamais à vouloir poser une main sur mon genou, me montrait sur son tééphone portable une scène pornographique animée. MaisOMG7. A cela, je épondais par un grand éclat de rire. Le désamorçage de cette situation peu anodine venait de réussir. A cet épisode, 2 enseignements :
1) Je ne suis pas très bon "profiler".
2) A l'application de la méthode du Big Lebowski, rien n'a encore été trouvé de mieux. A savoir : Je reste calme et je bois mon café.

Boire du café. Si seulement j'avais pu me rabattre sur un bon café à cette heure-ci mais non. Tout ce qu'il y avait pour se désaltérer face à moi était encore ce vin rouge immonde. Encore que, un peu moins immonde que la veille, puisque celui-ci é?tait issu d'une joint-venture entre un viticulteur français et un récoltant chinois. Depuis mon billet précédent, vous connaissez les dangers de l'émulation chinoise autour de l'alcool. La soirée aurait pu connaître une nouvelle abysse si la consommation ne s'était pas stoppée nette à la fin de la deuxième bouteille de piquette descendue.

J'allais oublier d'aborder l'ambiance sonore. Je disais quelques lignes plus haut que le salon était équipé d'un ensemble karaoké. Imaginez vous dans une pièce de 8 mètres carrés, face à un écran d'un mètre vingt de diagonale diffusant My Way, Hey Jude, Yesterday, réinterprété sur le DVD par des artistes chinois, en anglais dans le texte, et chanté à tue-tête par d'autres chinois assis à mes côé?s hurlant dans le micro développant 420 dB. Le tout en saturé bien évidemment. MaisOMG8. Un nouvel instant "sous acide" de cette journée assez rocambolesque.

Et moi avec tout ça, j'avais envie de faire pipi bien naturellement. Je demande où sont les toilettes, on me les indique, jusque là pas de problème. J'entre et tombe nez à nez avec 2 chinois souriants visiblement en train de nettoyer les chiottes. Je salue poliment et m'installe en pissotière (lol). C'est alors que, complètement neutralisé par l'action qui m'occupait, un des petits chinois lâche son balais et se met à marteler de ses petits points mon dos ! Bien sûr, au début je songeais à une plaisanterie. Je regarde par-dessus mon épaule et l'observe en me marrant et voilà qu'il se met à me masser de plus belle. MaisOMG9 ! Du coup, j'étais mort de rire et je n'avais pas d'autre choix que d'attendre d'avoir fini de faire pipi pour mettre fin à cette nouvelle mascarade ! Je me dirigeais vers le lavabo et le voilà qui revient à la charge, son petit camarade m'avait déjà fait couler l'eau chaude et prépar?éle savon, je me frottais les mains avec cet énergumène décidément attaché à ce que je ressorte de "chez lui" plus relaxé qu'à l'entrée. Mon départ de ces toilettes atypiques fut salué d'une salve de "Rhallo !", "Welcome !", "Thank You !". MaisOMG10. Un énième moment "sous acide" dans cette folle journée.

Nous quittions définitivement les lieux quelques secondes après. La dernière inconnue de la soirée était alors : "Qui va nous emmener à Shanghai ?". Le fournisseur qui avait déjà payé son repas, son coup, la boîte à putes, le moon cake (ah oui, ça je ne l'ai pas précisé mais il nous a offert des gâteaux traditionnels qui s'échangent à l'occasion du mid-autumn festival) était de nouveau mis à contribution. Et c'est parti pour 1h30/45 de route aller pour nous, plus une autre heure 45 de route retour pour lui. MaisOMG11. Complètement incroyable. En arrivant à Shanghai, nous descendions tous dans des hôtels différents et à ce moment là, j'ai beaucoup aimé la parole d'un de mes collègues chinois : "Bon, on ne va pas l'accabler, on va lui demander de tous nous déposer au même endroit et après chacun se démerde en taxi." En voilà une parole pleine de sagesse. C'est sûr, le mec nous accompagne depuis 16 heures et nous invite partout, fait plus de trois heures de route entre 23h et 2h du matin, ce serait quand même con de lui laisser maintenant l'impression d'être lourd. On s'est donc dit aurevoir dans le centre de Shanghai. Le fournisseur, que je crois définitivement prêt à vendre père et mère pour conclure un business avec nous, a souhaité nous porter nos valises jusque dans les coffres de nos taxis respectifs. MaisOMG12.

Tout seul comme un grand, je me suis fait comprendre du taximan par la parole. 5 minutes plus tard, je retrouvais enfin un décor connu dans les rues, des bases stables, une vie comme moi je l'avais décidé. Demain, je vais aller m'acheter quelques billets d'avion pour les vacances de la première semaine d'octobre car s'il y a une grande règle à retenir de tout ça, c'est qu'il est nécessaire de s'aménager des plages d'autonomie absolue où un minimum de chance est laissée aux chinois pour venir contrarier ce que vous aviez "vu" le matin en vous levant. Et ce soir, je m'endors en songeant aux temps où je n'avais encore aucune connaissance des agissements de ce 6ème de la population mondiale...

jeudi 15 septembre 2005

Asian business family


Ce soir, j'ai manger ? la table du maire du bled. Oui monsieur. Donc, on peut quasiment dire que je fais partie du r?seau maintenant. Encore une journ?e qui vient de se terminer de la mani?re la plus incongrue qui soit.

Je reviens sur les faits. Ce matin, le dirlo de l'usine me dit : "Ce soir, le gouvernement nous invite ? d?ner." Alors attention qu'on se m?prenne pas, ? chaque fois qu'il est fait r?f?rence au gouvernement, il s'agit en fait de l'administration locale. N'emp?che qu'ils en sont quand m?me... de la tendance majoritaire quoi. Bon donc, suite ? cette nouvelle, je me suis demand? ce qu'ils me voulaient mais comme je le disais le week-end dernier ? une autre table, juste avant de devoir aller discourir devant 200 personnes pour une occasion unique : "On n'est pas le genre de mecs facilement stressables." C'est donc sereinement que j'attendais 18 heures, heure du rendez-vous d?natoire. J'ai tout de m?me appris dans la journ?e que ce d?ner ?tait offert ? l'occasion du Mid-Autumn Festival ayant lieu ce week-end.

Arrive l'heure dite, je me transporte vers la salle ? manger de l'h?tel o? nous (le dirlo et moi) ?tions attendus. Et voici que s'?tale devant moi une salle d'environ 50 convives. J'avais ?t? pris en charge d?s l'entr?e de l'h?tel par une petite dame ne cessant de me r?p?ter "Welcome ! Welcome ! Welcome !".

Dans la salle, on m'indique o? aller m'asseoir, je m'ex?cute. Le dirlo est assis ? c?t? de madame le Maire de la ville et moi je suis assis ? c?t? du dirlo. Autour de la table, je "profile" plusieurs individus rigolos : 3 mecs qui portent tous la m?me chemise, aux larges sourires, dont un qui parle un peu anglais et qui a une carrure compl?tement hors norme pour un chinois. Un autre gars assez excit?, ayant plut?t les traits du paysan, il s'av?rera ?tre le plus gros buveur de la table... buveur mais tricheur puisqu'il coupait syst?matiquement son vin (pas bon du tout le vin) avec de l'eau. Un autre petit asiatique, j'apprendrai plus tard qu'il est malaisien, ? la t?te dodelinante, sympathique avec ses 2 grosses bagouzes et sa montre tape-?-l'oeil. Il m'a fil? sa carte de visite, il y a le nom de 6 bo?tes diff?rentes dessus avec en face sa fonction dans chacune d'entre elles, au choix : director ou partner. Puis il y avait sans doute l'adjoint du maire, la position d'adjoint semble d?passer le cadre administratif puisqu'elle n'a pas arr?t? de servir ? manger au maire. Comme si le maire ne pouvait pas prendre ses baguettes pour piocher ce qu'il lui plaisait.

Ce fut comme d'habitude le gros choc, lors du premier quart d'heure ? table, j'ai jamais vu des gens boire autant. Cul sec sur cul sec de verre de rouge d?gueulasse. On a pass? plus de temps debout ? porter des toasts qu'? manger. La folie quoi. Puis le petit malaisien semblait surveiller pas mal ce que je mangeais puisque de temps en temps, il me disait : "Hey, you should try this ! Good quality ! Try it try it ! Good food." A c?t? de ?a, y'avait le paysan torch? face ? moi qui me lan?ait des "Rhallo !!!", signe qu'il voulait trinquer de plus belle.

Voil? pour l'ambiance g?n?rale, sinon dans mon assiette c'?tait pas ce qu'il y avait de pire. C'?tait largement plus mangeable que ce que j'avais eu ? midi. Et comme en Asie, on fait bien les choses, quelqu'un avait m?me d?poser derri?re la chaise de chaque convive un cadeau alors que nous d?nions. Ce cadeau se mange, de sont des g?teaux... qui ne m'inspirent malheureusement pas confiance mais c'est l'intention qui compte !

Et d'un seul coup le maire a remerci? les gens assis ? la table et tout le monde s'est volatilis?. Il ?tait 19h50. ?a c'est fort, ? chaque soir?e comme ?a auxquelles j'ai particip?, c'?tait pli? avant 20 heures. ?a doit faire partie du business, donc on fait ?a presque sur les heures ouvrables ! Encore une grosse exp?rience bien hallucinante en somme. Une autre plan?te vous dis-je...

mercredi 14 septembre 2005

Back in PRC




vendredi 2 septembre 2005

Paris, France.




C'est beau une ville la nuit.
Night and Day, Day and Night.

Tic Tac Tic Tac Tic Tac... Le 747 rugit d?j? presque en bout de piste. Cela aura ?t? parfaitement agr?able, quasi-n?cessaire. I'll be back, comme on dit aux endroits o? ?a envoie, probablement l'avant-veille de No?l.