Hier soir entre 19h et minuit, je pense qu'il s'est dit tellement de choses palpitantes qu'il serait dommage de ne pas en faire profiter la terre enti?re.

18h30, j'allais rendre visite ? Benco, qui se trouvait en transit entre la Koutoubia et la Fifth Avenue. D?cision fut prise d'aller d?ner assez t?t dans un petit resto de l'avenue de Wagram, juste sous la place des Ternes. Nous f?mes accueillis l?-bas par une "immunit?", entre temps, notre ami Le Sicilien s'?tait invit? ? la "party". A quatre dans ce resto, nous mangions ? notre faim. ?a, c'?tait fait comme on dit.

En quittant la table, le team s'est restreint ? deux personnes, en l'occurence Le Sicilien et moi-m?me. Il nous fallait continuer de tricoter le programme de cette soir?e. Apr?s avoir envisag? d'aller admirer la derni?re acquisition Hi-Tech de mon camarade, chez lui, un ?clair d'initiative autrement plus ambitieuse nous traversa et voil? que nous ?tions en route pour un cin?ma (un Gaumont bien s?r, puisque l'UGC est banni ? vie dans la t?te du Sicilien, ces messieurs de l'UGC lui ayant jou? un mauvais tour... vilaine histoire de carnets de places de cin?ma ? date de p?remption pr?coce si j'ai bien compris...). Nous visions le film World Trade Center. Il ?tait 20h30.

En chemin, en remontant l'avenue de Wagram, nous observions 2 bagnoles gar?es en vrac sur un bout de trottoir devant une porte de garage. Il s'agissait d'une Bentley et d'un Porsche Cayenne Turbo... Ecologique la caisse : Porsche Cayenne Turbo, V8 4.5L 450ch, consommation urbaine 21.9L/100km. Cette vision me faisait dire qu'il devait y en avoir pour pas loin d'un million et demi de francs n?gligemment gar?s l?. Ceci r?veillait la fibre humaniste du Sicilien qui posait alors la question suivante : combien de temps peut vivre une personne ayant un train de vie des plus modestes avec une somme d'argent ?quivalent au prix du Cayenne ?

Sachant que celui qui se trouve sous le seuil mondial d'extr?me pauvret?, d?fini par la Banque Mondiale, vit avec moins d'un dollar US par jour (1.1 milliards de personnes en 2001) ; que celui qui se trouve sous le seuil de pauvret? mod?r?e vit avec moins de deux dollars US par jour (2.7 milliards de personnes en 2001) ; que le RMI fran?ais pour une personne seule s'?tablit un petit peu au-dessus de 400 euros par mois ; la r?ponse est assur?ment : longtemps. En admettant qu'il soit possible de vivre d?cemment avec les 400 euros et quelques mensuels du RMI, le Cayenniste aurait pu craquer un billet de 5000 pour s'acheter une Logan et continuer de vivre pendant 18 ou 19 ans avec le reste de l'enveloppe qu'il avait initallement destin?e ? l'achat de son 4x4 Porsche. Bien s?r, ceci moyennant quelques sacrifices... comme cesser de vivre dans un 200 m?tres carr?s avenue de Wagram par exemple.

Face au cin?ma, prochaine s?ance pour WTC : 21h45. Bien, que faire pour patienter ? Aller au Virgin. Mais non sans prendre nos places auparavant, histoire que nous ayons ? revenir seulement ? l'heure de la s?ance et pas une minute avant. Le caissier me voit se pr?senter face ? lui et me lance un : "Hablas espa?ol ?"... H?h? claro que si ! Non en fait, je lui ai demand? d'o? sortait-il cette question incongrue. Il para?t qu'il lui avait sembl? m'entendre parler espagnol. Bon, il a eu le droit ? son "Muchas Gracias" en guise de clin d'oeil lorsqu'il me rend?t la monnaie ; et nous filions au Virgin.

Acheter un livre d'?conomie ?crit par un Monsieur Cohen. ?a faisait un peu court comme r?f?rence pour que nous puissions le trouver seuls. Nous nous adressions ? un "Virgin Staff" qui apr?s consultation de son ?cran d'ordinateur nous annon?ait : "Le probl?me, c'est que des bouquins d'?conomie ?crits par des Cohen, vous pensez bien qu'il y en a des caisses ! Savez-vous quand est-il paru ?". Indeed, des caisses certainement. Mais en septembre 2006, il n'y en eu qu'un ? para?tre. C'?tait le bon. A l'?tage des CD, les fen?tres ?taient ouvertes.


Vue des fen?tres ouvertes


Puis on s'est attard? au rayon des accessoires pour iPod pour faire la d?couverte que pas un seul d'entre eux n'est vendu sous la barre psychologique des 29.90 euros. Et quand on voit une coque de protection en plastique souple d'iPod nano ? 29.90 euros, on se dit que la marge doit ?tre confortable. Le Sicilien et moi avons une bonne id?e du co?t des pi?ces plastiques inject?es dans un LCC (Low Cost Country), et ?a m'?tonnerait grandement que cette coque de protection revienne ? plus de 30 centimes d'euro l'unit?, et encore on vise d?j? tr?s tr?s large. Disons 40 centimes pour couvrir les co?ts fixes et le prix de l'outillage. Allez on ajoute entre 10 et 20 centimes pour l'emballage et les frais de transport, ?a fait un co?t de revient entre 50 et 60 centimes. Allez, m?me si on le majore ? 1 euro, il n'en reste pas que le vendre ? 30 euros ?quivaut ? faire une marge de 2900%. Pas mal.

La fixation du prix ne s'est donc pas faite en fonction du co?t de revient du produit mais plut?t sur la propension ? payer du consommateur pour un acessoire de lecteur MP3 branch?. Le vendeur conna?t parfaitement le prix maximal que l'acheteur est pr?t ? payer. Quand on ach?te un iPod, on ach?te avant tout un concept. Et pour habiller ce concept, il semble que les gens soient pr?ts ? mettre jusqu'? 30 euros pour le prot?ger. C'est la discrimination par le prix.

Retour au cin?ma ! Je fais un pit-stop aux toilettes et tombe face ? un gars qui incite les hommes ? utiliser les toilettes des femmes pour d?congestionner les toilettes hommes. Je me fais influencer et utilise les toilettes femmes qui ?taient vides. Moment de solitude : au milieu de l'action, j'entends trois dames qui entrent et qui se postent derri?re ma porte. Je sors, dignement, sans baisser la t?te, en affrontant leurs regards constern?s qui me jugent.

Le film se passe. Y'a de bons clich?s ? la ricaine. Forc?ment nous sommes devant un film avec Nicolas Cage. Le milieu du film est un peu lent, avec des sc?nes de flashback, je suppose qu'il fallait rendre la longueur de l'attente subie par les deux policiers ensevelis avant l'arriv?e des secours. Le personnage du Marine m'a beaucoup plu. Le mec habite dans un ?tat voisin, et regarde l'effondrement des tours ? la t?l?. Il va se receuillir quelques instants ? sa paroisse et rencontre le cur? ? qui il dit :
- Je dois aller l?-bas pour les aider mon p?re.
- Vous ne passerez pas, les routes sont bloqu?es. Mieux vaut ne pas ajouter ? la d?sorganisation qui r?gne.
- Mais je l'ai entendu... (en regardant la croix) c'est LUI qui me dicte d'aller l?-bas.
- Alors il vous faut l'?couter.
Et voil? le Marine parti chez le coiffeur pour se faire rafra?chir un peu la boule et adopter un look un peu plus "US Marines". Puis il enfile son uniforme kaki et part pour Manhattan. Il se joue des barrages policiers en pr?textant que sa compagnie de Marines est d?j? sur Ground Zero pour chercher d'?ventuels rescap?s. Les policiers le croient et le laissent passer. Voil? comment le Sergent Chef Karnes se retrouve seul sur les ruines du WTC, ?quip? de sa MagLite, ? beugler :
- Nous sommes les US Marines, si vous m'entendez : criez ou tapez !

Ensuite un autre militaire le rejoint et voil? qu'ils arpentent ? deux la montagne de d?bris jusqu'? entendre Will Jimeno, enseveli quelques m?tres au-dessus de John McLoughlin, frapper une canalisation d'eau. Jimeno est heureux de voir des mecs qui vont le sortir de l?, lui et son sergent pr?f?r? (McLoughlin alias Nicolas Cage). D'autant plus heureux qu'il commen?ait ? s?rieusement d?railler, en effet il commen?ait ? voir J?sus devant lui dans un halo de lumi?re en train de lui tendre une bouteille d'eau.

Les deux Marines se concertent alors et concluent que s'ils se barrent pour aller chercher du renfort, ils ne retrouveront probablement jamais Will et John. Ils utilisent donc un cellphone pour alerter les secours. Jimeno qui sentait que les Marines tenaient des messes basses ? la surface beugle alors :
- Vous n'allez pas partir hein ??? Vous ?tes l? pour nous sauver, pas vrai ???
Le Sergent Chef Karnes a vite fait de rassurer Jimeno par un magistral :
- I am a US Marines, and YOU are MY MISSION !!!
?a claque. Avec ?a, Jimeno est content. McLoughlin a toujours les genoux ?crabouill?s quelques m?tres sous Jimeno et a un peu de mal ? prendre part ? la discussion. Tout est bien qui finit bien, les secours arrivent et tirent tout le monde de l? apr?s des heures et des heures d'effort. Une ?ni?me petite r?plique mythique a lieu entre le Sergent Chef Karnes et un secoursite venu en renfort :
- Got a name Marine ?
- Staff Sergeant Karnes.
- Got something a little shorter ?
- Staff Sergeant.

Et puis la sc?ne ultime lorsque les secouristes r?ussissent enfin ? remonter John McLoughlin ? la surface dans un brancard. Il y a une haie de secouristes qui font passer le brancard de main en main et alors que certains applaudissent, on entend chaque secouriste glisser un mot ? John : - Good to have you back John !
- Going home John !
- Welcome back John...

Jimeno demande quand m?me o? sont pass?es les tours... et le Marine dit en contemplant les ruines : "Il nous faudra du temps pour venger tout ?a". Voil?, je pense avoir bien d?truit le film. Et pourtant je l'ai trouv? pas mal du tout ! lol.

Retour ? la maison apr?s la s?ance. Passage devant la statue du G?n?ral sur fond de Grand Palais.



Et alors que nous passions en revue les expos du moment avec le Sicilien, celui-ci se fendait d'une ultime vanne ? l'?vocation de l'expo Le Titien au Luxembourg :
- Le Titien, c'est Milou non ?

... Wahou. Puissant.