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dimanche 26 novembre 2006

Name-dropping session ? La Cigale

Je suis all? voir Vincent Delerm ? La Cigale ce vendredi soir. Le roi du name-dropping a r?ussi a enjouer le public par le set de chansons de son nouvel album "Les Piq?res d'Araign?es", nettement moins glauquissimes que tout ce qui pr?c?de dans sa discographie. Exit m?me l'ensemble piano-voix unique des d?buts, 5 musiciens assurent ? pr?sent sur sc?ne avec lui l'orchestration joyeuse des nouveaux titres. Il s'adresse beaucoup au public, fait quelques petites blagues. Exemple : durant le spectacle, apr?s avoir jou? une chanson un peu plus triste que les autres, il d?cr?te qu'il faut r?tablir une ambiance heureuse et il tente pour cela de coller son public au jeu des devinettes. Il expose ?galement sa th?orie sur les chansons "dingues", "chouettes" et "ni dingues ni chouettes (donc pourries)". Plus tard, il va chercher en coulisses un ?cran pour projeter des diapositives, revient sur sc?ne le d?rouler, et commence la projection "La prochaine chanson est une chanson / que j'ai interpret? sur sc?ne des centaines de fois. / J'en suis sao?l? / alors si vous pouviez la chanter ? ma place / ce serait cool." Les musiciens d?marrent sans lui, et le public s'ex?cute et chante la chanson de A ? Z. Delerm reprendra quand m?me les derniers couplets avec la salle. J'ai eu l'impression, et on m'a d'ailleurs confirm? ensuite, qu'il s'amuse ? changer les paroles de quelques couplets. Cela redonne une petite jeunesse aux chansons qu'on a beaucoup entendu, c'est sympa.

Voici deux extraits sonores (MP3) du concert : Quatri?me de couverture (53 secondes, 524 Ko) et ma chanson quasi-pr?f?r?e sur le dernier album Marine (1 minute 11 secondes, 708 Ko)


Le spectacle commen?a par la projection d'un film de vacances de Delerm sur un grand drap blanc tendu entre deux poteaux au devant de la sc?ne. Au milieu de ce petit film qui dure environ cinq minutes, et sans que nous les ayons vus arriver bien s?r, les musiciens d?marraient. Un simple projecteur braqu? sur la t?te de Delerm derri?re son piano nous permettait de l'apercevoir au travers du drap. Et puis le drap est tomb? ? terre et c'en ?tait parti pour deux belles heures de concert. Sur la fin, nous avons quand m?me eu le droit ? quelques fondamentaux, lui seul ? son piano avec : Fanny Ardant et moi, Le baiser Modiano, les filles de 1976 ont 30 ans, Le monologue shakespearien... et le concert s'est achev? sur "Chatenay Malabry". Un tr?s bon moment en somme.

Un b?b? en Limousin

Un d?placement professionnel jusque dans le Limousin est toujours une bonne occasion de rendre visite ? A&L, ou plut?t ? la famille A&L. Car oui depuis trois semaines, il est arriv?, le petit b?b?.

Ainsi j?eus le loisir de v?rifier ? nouveau quelques id?es tenaces quant au caract?re des b?b?s. Exemple d'id?es re?ues : le petit b?b? subit totalement tout ce qui l?entoure, le petit b?b? interagit peu avec son environnement, le tr?s petit b?b? n?embarque avec lui que tr?s peu de fonctions, le petit b?b? ne ma?trise pas tr?s bien ses gestes...

Je suis arriv? sur zone vers 21h45 pour un d?ner tardif. B?b? ?tait couch?. A 22h, b?b? se mit ? pleurer. Chouette me disais-je, j?allais pouvoir le voir ?veill? ! Transport? jusque dans le salon, nous diagnostiquions chez lui une faim passag?re. Trois semaines apr?s la naissance, nous sommes encore dans la p?riode ? open food court 24/24 ? pour b?b?. Il n?y a pas encore de rythme bien ?tabli et il r?clame qu'on le nourrisse quand ?a lui chante. Environ toutes les trois heures en l?occurrence, soit jusqu?? huit fois par jour ! Le papa, taquin, lui donnait son petit doigt ? t?ter et me disait que certains jours il parvenait ? tromper b?b? vingt minutes par cette technique ! Cette fois-ci b?b? ne se laissera pas abuser par la supercherie plus de cinq minutes. Sit?t convaincu que ce petit doigt d?livrait assez peu de lait, il recommen?a ? pleurer. Ce qui est positif avec ce b?b? c?est qu?il ne pleure pas tr?s fort. Pendant que b?b? ?tait au ravitaillement, nous nous servions l?ap?ritif. Apr?s ce pit-stop de 15 minutes suivi d?un petit rotototo, retour au berceau.

Juste avant de passer ? table pour le d?ner des grands, le papa me livrait le mode d?emploi complet de b?b? ? ce jour :
Situation initiale = b?b? dort (c?est le cas environ 20 heures sur 24).
Ev?nement conditionnant la mise en route de la proc?dure d?entretien de b?b? = b?b? pleure.

1- Prendre b?b? dans ses bras et lui donner son petit doigt ? t?ter. Si b?b? se met ? t?ter violemment, c?est que b?b? a s?rement faim. Il faut alors le nourrir. Si b?b? n?a pas faim, se reporter au point 2.

2- La couche de b?b? est-elle pleine ? Sentir le derri?re de b?b?, si une mauvaise odeur s?en d?gage, il faut nettoyer et changer b?b?*. Si le derri?re de b?b? ne sent pas mauvais, se reporter au point 3.
* : Attention, b?b? choisit souvent l?instant o? on vient de lui choisir un joli pyjama tout propre et que sa nouvelle couche n?est pas tout ? fait mise en place pour arroser la table ? langer d?un jet de pipi.

3- B?b? n?a pas faim et sa couche est propre. Peut-?tre a-t-il un petit rot de coinc? ou le ventre nou? ? Dans ce cas, prendre b?b? dans ses bras et lui faire faire de petits bonds jusqu?? l?arr?t des pleurs. Puis recoucher b?b?.

Si le passage en revue de ces mesures d?entretien ne d?bouche pas sur l?arr?t des pleurs, ben c?est pas de bol? bon courage.
Mesure compl?mentaire : laver b?b? quotidiennement dans un bain d?eau ? 37?C.

Nous terminions ? peine l?entr?e du d?ner que b?b?, du fond de son berceau, se remit ? pleurer. Il para?t qu?en th?orie b?b? est capable de souiller sa couche apr?s chaque ravitaillement. C??tait bien le cas cette fois-l?. Nettoyage, couche neuve et retour au berceau. Nous terminions alors le d?ner tranquillement.

Erreur technique en revanche, en montant nous coucher, une fois la table d?barrass?e, nous avons fait trop de bruit et b?b? s?est r?veill?. Il nous le f?t payer par une nouvelle salve de pleurs. Cela me donnait quelques instants suppl?mentaires pour l?observer de pr?s. Je notais ? cet instant qu'il est sp?cialis? en mime pour films d?horreur. Les seules expressions que nous sommes parvenus ? recueillir sont : le visage neutre, le regard interrogateur, la peur-panique, l?inqui?tude et l??pouvante. Je ne serai pas ?tonn? d?apprendre que les premiers mots de b?b? auront ?t? ? I see dead people ?.

Le papa me racontait d?ailleurs qu?un des moments le plus perturbant ? affronter ?tait pr?cis?ment le regard de b?b? ? l?instant o? il se trouve nu comme un ver, allong? sur la table ? langer. Il para?t que pendant quelques secondes, il se fige, plante son regard dans le v?tre sans cligner des paupi?res et semble, dans un abandon total de lui-m?me, implorer ? Ach?ve moi ! Vas-y je t?en supplie ! Abr?ge ma douleur. ? Traumatisant indeed.

Personnellement je n?aurai pu que l'observer se figer, regard fixe, yeux grands ouverts, t?te l?g?rement pench?e sur le c?t?. On a l?impression qu?il vit alors le plus gros bad trip de sa petite vie. Apr?s cet ?pisode, b?b? retrouvait le sommeil. Il repleura ? intervalles r?guliers toute la nuit mais bien heureusement j?ai le sommeil bien lourd et je n?ai rien entendu !


Au chapitre boulot, j?ai appris, pendant ce d?placement, que les chinois copiaient les produits que nous commercialisons. Rien de bien ?tonnant me direz-vous... la copie ill?gale n'a pas de raison de se limiter ? Lacoste, LVMH ou Mont Blanc. Un peu plus surpenant quand m?me : ils sont all?s jusqu?? dupliquer le site Internet fran?ais de la bo?te, traduit en chinois bien s?r, pour se faire conna?tre localement et b?n?ficier de la reconnaissance que nous accorde le march?. Encore plus fort : ils copient aussi les produits de nos concurrents et les pr?sentent sur leur fake site Internet d?riv? du n?tre. Fascinant. Quand on dit que les pays d?velopp?s et industrialis?s sont condamn?s ? innover en permanence, ce n'est vraiment pas une blague !


Pour terminer, je vous r?v?le assez volontiers que le moment le plus agr?able de ces escapades corr?ziennes demeure l'instant du retour o? mon pied se pose sur le quai ? Austerlitz. Pendant 30 secondes, je frise l'euphorie, je reprends pleinement conscience apr?s avoir vasouiller un peu plus de trois heures la t?te ?cras?e contre la vitre du train. Non pas que ce ne soit pas agr?able d'aller voir les amis en milieu de semaine, bien au contraire ; mais plut?t parce que je n'aime pas que le boulot m'arrache ? mon quotidien, l? o? les choses se passent habituellement.