Antoine Online

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mercredi 25 juillet 2007

?a pousse

Dans la nuit de dimanche ? lundi, je fus r?veill? vers 3h30 du matin par une violente pluie d?orage qui me for?ait ? me lever pour fermer la fen?tre.

Quelques heures plus tard, ? 10h30, c??tait encore le d?luge. Lundi 23 juillet, milieu de la saison estivale, et il pleut des cordes comme en plein mois de novembre. Cela fait depuis les premiers jours de mai que ?a dure. ?a commence ? suffire, faut que ?a cesse ! Qu?on en finisse.


?a tombait bien puisque ce lundi, je changeais d?air : une semaine en Chine. Il pleuvait toujours en arrivant ? CDG. Je montais dans un avion. Nous n??tions pas encore partis que c??tait d?j? un bordel intense : un chinois me foutait des coups de genoux en grimpant sur mon accoudoir pour placer sa valise dans le compartiment au-dessus de ma t?te, la climatisation de l?avion ?tait en panne du rang 35 au rang 42 (j??tais assis au rang 38), derri?re moi un autre chinois s??tait d?j? mis ? son aise.


Un chinois ? son aise.

Un point pour nous quand m?me puisqu?? l?enregistrement, l?h?tesse Air France nous avait attribu? 4 si?ges pour 2 car le vol n??tait pas plein.

A l?arriv?e ? Shanghai mardi matin : 7h40, 27?C, ciel bleu, moiteur ?touffante. Comme d?habitude. Et la premi?re r?compense, apr?s un long voyage ?prouvant, ne s?est pas fait attendre : nous rejoignions le centre-ville par le Century Boulevard c?t? Pudong. Ce qui signifie que nous passions au pied des skycrapers. ?a pousse toujours. Le petit nouveau est presque termin? de l?ext?rieur.






La JinMao Tower ne pensait pas qu?on lui ferait de l?ombre si vite.

vendredi 13 juillet 2007

La face cach?e de M?t?o France

Monsieur Z is back et a d?cid? mercredi soir de m'exposer ses derni?res ? visions ? portant sur le r?le cach? de M?t?o France.

Mais avant de vous faire part de ses brillantes vues, permettez moi de vous donner tr?s rapidement des nouvelles de notre consultant pr?f?r?. Apr?s avoir termin? sa mission pr?c?dente sur un coup d'?clat (vous vous souvenez tr?s certainement du hold-up de l'ann?e), Monsieur Z a bien failli prendre ? bras le corps les petits soucis de planification rencontr?s par un constructeur de ? vecteurs de paix ?? Ah que j'aime lorsque l'industrie se pare d'une pudeur lui interdisant de d?voiler en termes clairs ses agissements. Avez-vous devinez ? Allez je vous aide un peu : qu'est ce qui s'envoie loin, que l'on peut guider et qui a pour objectif de ramener sur le sentier de la paix ceux qui se seraient rendus coupables d'une quelconque agression ?? Non, ce n'est pas un ?missaire des Nations Unies. ?a aurait pu mais ce n'est pas ?a. Allez dernier indice : ?a fait ? boum ? ? l'impact. Et oui nous avons bien failli voir Monsieur Z acc?der aux affaires relevant d'un business peu glorieux s'il en est et pourtant si florissant. En grand pacifiste devant l'?ternel, il laissa sagement passer cette opportunit? pour mieux pouvoir vendre ? pr?sent ses services ? un grand nom de la sous-traitance a?ronautique. C'est utile, ?a ne fait de mal ? personne et c'est aussi suffisamment ? high technology certified ? pour qu'un consultant de la trempe de Monsieur Z se sente flatter de travailler sur le produit.

Revenons ? cette histoire de m?t?orologie. Nathalie Rihouet s'agitait sur l'?cran, et je dis bien ? ?cran ? plut?t que ? petit ?cran ? car vous pensez bien que le standing impos? par la profession de consultant ? Monsieur Z ne lui permet plus de se satisfaire d'un ? petit ?cran ? depuis belle lurette? Nathalie s'agitait disais-je donc et expliquait ? une France constern?e que le mauvais temps continuerait de s?vir sur la majeure partie du pays jusqu'? la veille de la f?te nationale ce samedi. Mais bien heureusement pour nous, samedi et dimanche devraient ?tre baign?s d'un soleil resplendissant au-dessus de nos villes et nos campagnes. Concernant les pr?visions pour le d?but de la semaine prochaine, rien n'est moins s?r. Tout le monde sait en effet qu'il ne faut placer qu'une confiance limit?e dans des pr?visions assorties d'un indice de fiabilit? inf?rieur ou ?gal ? 3. Il est sain de les cr?diter d'une probabilit? d'occurrence ? peu pr?s ?gale ? celle que nous accordons aux pr?dictions astrales de Paco Rabanne.

Bien qu'incr?dules, nous essayions de nous faire ? l'id?e collective que le week-end ? lui seul pourrait chasser le mauvais temps comme par enchantement apr?s des semaines de temps m?diocre. C'est alors que l'esprit vif de Monsieur Z formula une hypoth?se int?ressante : ? Bon sang mais c'est bien s?r ! (? Eur?ka ? aurait-on pu aussi entendre) Nathalie Rihouet est un agent d?terminant de la reprise ?conomique ?. Cette id?e novatrice, ass?n?e l?, sans aucun coup de semonce, entre le fromage et le dessert a le pouvoir de rel?guer aux oubliettes les mod?les ?conomiques enseign?s dans les plus grandes universit?s. Et nous qui pensions qu'en mati?re de relance ?conomique, il ?tait appropri? de jouer avec une ?quation dont les variables sont ? consommation des m?nages ?, ? formation brute de capital fixe ?, ? balance commerciale ?? cela ne suffit manifestement pas. Il fallait voir plus loin. La solution ?tait l?, sous nos yeux, ? 20h40 tous les jours.

Annoncez du beau temps et les gens pr?voiront de partir en vacances. Car quel ?tait l'enjeu de cette m?t?o dans le fond ? Rassurez les juilletistes de la deuxi?me quinzaine ? la veille de leur d?part ?videmment. Incitez les ! Pr?disposez les ? consommer ! En entretenant tout le pays dans l'illusion d'un temps resplendissant ? venir, les gens penseront ? Chouette, samedi j'irai faire les magasins ?. Et ainsi conditionn?s, lorsque le samedi arrive, peu importe le temps finalement, ils vont d?penser leurs sous. Sur la p?riode estivale, l'enjeu est d'autant plus important qu'il ne s'agit pas d'une simple apr?s-midi shopping qu'il faut r?ussir ? installer dans les esprits, mais bel et bien de longues semaines de vacances loin de la maison. Sur les ?paules de Nathalie, Evelyne, Patrice, p?se la r?alisation du chiffre d'affaires de beaucoup d'entreprises du secteur touristique.

Pour valider sa th?orie, Monsieur Z partait du postulat que la France est la premi?re destination touristique mondiale. Une bonne partie de ses services (h?tels, restaurants, g?tes, mus?es, associations, etc) gravitent autour de cette activit?. L'annonce d'une saison ex?crable en France aurait pour effet de dissuader les touristes de rester ? l'?cart de notre pays. Cela tuerait les profits qu'esp?raient engendrer les soci?t?s engag?es sur le secteur. Si un pan significatif de l'?conomie nationale souffre d'une mauvaise conjoncture, alors m?caniquement le moral des consommateurs baisserait, la productivit? des travailleurs (qui sont aussi des consommateurs) baisserait, et c'est le pays entier qui risque d'entrer dans le cercle vicieux de la r?cession. Pour ?tayer son propos, Monsieur Z prenait deux exemples, certes extr?mes, et ravivant des souvenirs douloureux cr??s par de r?elles catastrophes naturelles, mais qui ont le don d'illustrer ? merveille son argumentation.

Pensez ? la saison touristique sur les c?tes tha?landaises de l'hiver 2004 g?ch?e par un raz-de-mar?e. En informant le monde entier que le paysage et les infrastructures avaient ?t? ravag?es, les touristes en partance pour cette destination ont pr?f?r? annuler purement et simplement leur voyage. Le manque ? gagner fut cruellement ?lev? pour les acteurs de l'industrie touristique locale qui eut alors d'autant plus de mal ? se relever de la catastrophe endur?e. Plus r?cemment, prenez l'exemple de la Nouvelle-Orl?ans qui fut dramatiquement couch?e par l'ouragan Katrina. Cet ?tat am?ricain fut imm?diatement d?sert? par toutes les personnes non-r?sidentes. En tenant compte de ces exemples, pensez-vous r?ellement qu'il soit responsable d'annoncer ? la t?l?vision nationale entre le journal de 20 heures et le prime-time que l'?t? fran?ais est en p?ril et qu'il est d'ores et d?j?, ? la date du 12 juillet, un des pires que nous ayons connus ? La cons?quence d'un tel acte est d'une ?vidence d?concertante : nous plongerions vers le chaos de la r?cession ?conomique imm?diatement. Voici pourquoi on nous annonce un grand ciel bleu sur le pays pour le premier week-end de chass?-crois? des vacances. Pas encore convaincu ? Souvenez-vous du nuage de Tchernobyl? il s'?tait arr?t? ? nos fronti?res comme par magie. CQFD.

Evelyne, Nathalie ou Patrice ne seraient-ils que des pantins aux mains du pouvoir ?conomique ? A quand un des ces pr?sentateurs vedettes de la m?t?orologie nationale dans le si?ge de directeur de la prospective ?conomique et de la conjoncture ? Bercy ? Laissons aux modalit?s de la reprise de la croissance le temps de m?rir dans la t?te de nos dirigeants. Pour ce qui est de Monsieur Z, l'avenir seul nous dira s'il avait une fois encore un coup d'avance.

mardi 3 juillet 2007

Naturaliste

Quitte cap chat ce matin vers Gasp?. On fait le plein d'essence et zou. On s'arr?te au pied de plusieurs phares sur la route. Ougui ! ougui ! ougui ! Parc national du Forillon. Ballade de 8 kilom?tres ? pied le long de la cote jusqu'au Cap Gasp?. Superbe, fantastique, paysage exceptionnellement saisissant, des baleines dans le fleuve, des animaux sauvages sur le chemin (porc ?pic, li?vre). On trace finalement jusqu'? Perc?. La route 132 est d?fonc?e mais nous arrivons ? bon port. Motel. Souper et petite ballade le long de la mer, puis marche jusqu'au bout de la jet?e pour une belle vue sur Roche Perc?e.

dimanche 1 juillet 2007

Des baleines et la travers?e du Saint-Laurent

We went to Tadoussac to see whales et c'est bel et bien ce qui arriva. L'arriv?e un peu chaotique la veille n'eut pas de r?percussions sur notre organisation le lendemain. Nous ?tions OP (comme dans ? op?rationnels) assez t?t le matin, et notre tour de bateau pour voir les baleines ?tait m?me r?serv? avant le petit-d?jeuner.

A bord du bateau, les commentaires ?clair?s d'une sympathique naturaliste parfaitement bilingue, connaissant tout des mammif?res marins locaux, nous ont permis d'en apprendre un rayon sur les grosses b?tes nageant dans l'eau ? nos c?t?s. Sur le Saint-Laurent en revanche, il fait vraiment froid. Attention, il faut r?ellement empiler plusieurs couches de v?tements les unes par-dessus les autres pour rester sur le pont ? l'aff?t des baleines. On se souviendra enfin de fa?on plus anecdotique que le bateau sur lequel nous ?tions emporta le Baron Rouge en croisi?re en 1999.

Nous avons donc pass? plus de deux heures face ? Tadoussac sur le fleuve ? observer les gros mammif?res qui nagent. La fin de la croisi?re ?tait consacr?e ? une petite exploration de l'entr?e du fjord du Saguenay. Passage devant la ? chute du caribou qui pisse ? et retour au port.

Mais pourquoi donc toutes ces baleines ? cet endroit pr?cis ? Et bien c'est parce que ces eaux abritent une concentration tr?s ?lev?e de krill et de plancton, de la bonne nourriture pour les baleines en somme. Et pourquoi y-en-a-t il plus ici qu'ailleurs ? Parce que les conditions ? l'?mergence d'un ?cosyst?me tr?s riche sont ici r?unies. Nous sommes dans l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, l'eau de mer sal?e remonte jusque dans cette zone o? le lit du fleuve est encore tr?s profond. Le fjord du Saguenay, dont l'eau provient du lac Saint-Jean au nord-ouest, d?verse lui une eau douce tr?s froide en surface. Ainsi diff?rentes ? strates ? d'eau existent ? ce niveau du fleuve : douces ou sal?es, plus ou moins froides, et qui font que bon nombre d'esp?ces y trouvent leur compte.

Fin de la croisi?re et nous voil? repartis on the road again par la route 138 sur la rive Nord du fleuve qui nous m?ne jusqu'? Forestville, o? un ferry nous attend pour nous emmener sur la rive Sud ? Rimouski. Nous n'avons pas eu le temps de tra?ner car il nous fallait avoir englouti les 200 kilom?tres avant 15h. Finalement nous arriverons ? l'embarcad?re avec suffisamment d'avance pour nous payer un petit repas sur le pouce chez Subway. Moi j'adore, Alex d?teste. Retour ? l'embarcad?re : des panneaux nous indiquent qu'il est formellement interdit de flaner. ... ? Bah ok, on ?vitera.

A cet endroit, le fleuve fait plus de 50 kilom?tres de largeur et nous mettrons 1 heure ? effectuer la travers?e. Nous hallucinerons pas mal sur la mani?re dont sont gar?es les voitures sur le pont inf?rieur : pas un centim?tre n'est perdu ! Un mec vous assiste dans la manoeuvre bien s?r et vous avez int?r?t ? suivre ses consignes ! Il m'a fait faire une marche arri?re en braquant ? fond, donc moi naturellement je regarde vers l'arri?re pour voir o? je vais... Quelle erreur ! Rappel ? l'ordre imm?diat : "OOOOhhhhh !!!! C'est MOI qu'on regarde Monsieur !". Oul? ok, demeure tranquille mon ami, je t'ob?irai ? pr?sent.

Sur le pont sup?rieur, nous nous asseyons dans des si?ges ? l'avant faisant face au fleuve, l'atmosph?re de la cabine baign?e de soleil est apaisante et je m'endors. Pendant ce temps, des motards conversent non loin de nous. Des puristes les mecs, dans le plus pur style Easy-Rider, de v?ritables corsaires de la route et non pas de ces petits excit?s s'offrant des sensations fortes en japonaise. Rouler en chopper Harley est une religion pour eux. Un seul se d?marque et roule en Honda Goldwing. Il ?cope d'une tape dans le dos de la part d'un des corsaires qui lui dit en souriant : "Il en faut pour tous les go?ts !".

Rimouski. La porte d'entr?e de la Gasp?sie. Nous y d?barquons en milieu d'apr?s-midi et nous avons d?j? en t?te Gasp?, le point le plus ?loign? de Montr?al de notre parcours routier canadien. Il nous faut donc continuer de rouler, pour s'avancer et arriver plus vite ? Gasp? le lendemain. Plus t?t nous y serons, et plus de temps nous aurons ? consacrer au Parc National du Forillon, ? Gasp? et ? Perc?.

Rimouski nous appara?t ?tre une belle bourgade de p?cheurs lors de notre premi?re travers?e de la ville (nous y repasserons une seconde fois sur le chemin du retour). Nous effectuons nos premiers kilom?tres avec le Saint-Laurent sur notre gauche. Jusqu'? pr?sent, notre route a toujours long? le fleuve sur la rive Nord mais nous l'apercevions par intermittence et tr?s en contrebas de la route. Sur la rive Sud, la route est plate entre Rimouski et Cap Chat et r?ellement au bord de l'eau. Ainsi nous roulons ? c?t? de cette ?tendue d'eau gigantesque sans pouvoir distinguer clairement la rive que nous avons quitt? une heure auparavant.

Matane, plus laid. Observation de la remont?e des saumons dans la rivi?re. Je suis devenu assez balaise en saumonologie. Reste de la route jusqu'? Cap Chat avec sur notre gauche le saint laurent et le ciel rougeoyant. On soupait dans un bistrot bar cuisine d'?t? qui accepta de nous pr?parer des plats avec les restes 20 minutes apr?s la fermeture th?orique de la cuisine. On nous a demand? :

- "bonjour est ce qu'on vous a r?pondu ?
- euh ... est ce qu'on nous a r?pondu quoi ?
- ben est ce qu'on vous a r?pondu ?
- mais de quoi ?
- bah est ce qu'on est venu vous voir ?
- mais de qui ? vous ?tes en train de nous voir l?, vous, alors arr?tez de poser des questions chelou."