Antoine Online

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 27 octobre 2007

Are you un Gros Con ?


J'ai trouv? cette carte ? la salle de sport l'autre jour. ?a m'a fait rire alors je partage. Chaque mois, Cart?Com donne carte blanche ? une agence de communication (TriBeCa - Marketing Alternatif en l'occurence) pour soutenir une grande cause. 100 000 cartes postales sont ainsi distribu?es. Au dos, on y lit :

"Si chacun d'entre nous fait un petit effort pour ?tre plus poli, moins ?go?ste, moins con, notre vie ? tous en sera beaucoup plus agr?able. Offre cette carte ? un gros con et rejoins-nous pour lutter contre les incivilit?s : http://www.haltealincivilite.com

Cela me rappelle la campagne contre l'incivilit? dans les transports men?e par la RATP il y a quelques mois.

lundi 22 octobre 2007

Pause

Il m'aura r?cemment fallu une semaine d'errance avant d'arriver ? ce que je cherchais de toutes mes forces : le mode "Pause" au milieu d'un monde de travailleurs.

Voici comment cela est arriv?. Tout commen?ait un vendredi soir par mes adieux ? l'industrie d?localisatrice m'ayant permis de vivre la Chine (tiens c'est marrant, le correcteur orthographique me dit qu'il ne conna?t pas le terme "d?localisatrice" et me propose de le remplacer par "d?moralisatrice"... ! parfois aussi oui !). J'avais pris soin de m'am?nager une semaine de break avant de faire mes premiers pas au sein d'une autre world company ayant pour coeur de m?tier l'eau. Une semaine destin?e ? se reposer, faire quelques courses et r?gler quelques d?tails administratifs.

?a partait pas mal sur le d?but, je gagnais Bruxelles qui me servait de base avanc?e pour une escapade ? Bonn et Cologne. Et de retour ? Paris le lundi, j'effectuais assez rapidement l'administratif et les courses. Puis probl?me : le repos ne venait pas. A la fin de chaque journ?e, je faisais le constat amer d'avoir g?ch? mon temps libre ? looser sur l'ordinateur ou ? arpenter la ville ? v?lo entre les appartements des uns et des autres. ?a n'?tait pas de la vraie bonne pause ?a. Que pouvais-je donc bien faire qu'on ne puisse pas si facilement se permettre lorsqu'on travaille dans la journ?e ? S?rement pas aller au cin?ma, ?a c'est possible tous les soirs de l'ann?e. S?rement pas rester chez soi, ?a aussi c'est possible en toutes saisons. Aller au mus?e ? ?a n'est pas vraiment du repos ?a, on sort souvent des mus?es en ayant mal aux jambes d'avoir trop march?. D?finitivement, passer une semaine d'octobre en vacances ? Paris est tr?s angoissant. J'avais compl?tement oubli? ce qu'offre la ville en mati?re de repos, j'ai nomm? : les jardins.

Le vendredi 12, vers 17h30, je m'attardais sur chacune des photos retra?ant l'histoire de la conqu?te spatiale depuis ses d?buts, placard?es par le CNES, sur les grilles du Jardin du Luxembourg. Je pensais poursuivre mon chemin en descendant vers la Seine mais je fus happ? par le petit flot d'agitation paisible r?gnant derri?re les grilles.

Je rep?rais des chaises m?talliques vertes libres et je m'encastrais dedans pour une dur?e ind?termin?e. Commen?ait alors une lente s?ance d'observation de mon environnement. Je ne faisais rien d'autre que regarder. Je n'avais rien d'autre ? faire qu'attendre. J'?tais initialement sorti de chez moi pour passer ? la librairie de la rue Racine et je me retrouvais assis l? avec le simple d?sir de perdre de la vitesse. Quand l'attente ferait place ? autre chose, je retournerai probablement chez moi.

Le drapeau flotte en haut du m?t sur le toit du S?nat. Je l'imagine en 2002, en 2004 puis tel qu'il est l? en 2007. Je l'imagine aussi dans la chaleur de l'?t?, sous la pluie, sous l'orage, dans la nuit glac?e, j'imagine la vue qu'il a sur les toits de sa position. J'aimerai avoir une vie de drapeau quelques temps pour ?tre en dehors de tout, ce serait reposant. Les arbres du jardin commencent ? perdre leurs feuilles, l'automne s'annonce, la verdure devient jaune orang?e. Et pourtant les pelouses sont vertes comme au printemps et les fleurs dans les pots face ? moi sont fleuries. La moiti? du jardin n'est pas encore sorti de l'?t? alors que ses piliers, que sont les arbres, affichent d?j? leurs mines de novembre. Le jardin semble ?tre comme moi : en transition.

Je regarde l'horloge sur le S?nat, dix minutes viennent de s'?couler. J'en veux plus. C'est trop court. Combien de temps tiendrai-je ? Je me le demande. Des canards prennent leur envol du bassin. Ils sont trois et ils commencent ? d?crire un cercle. Ils passent au-dessus de ma t?te et reviennent vers le bassin avant de repartir dans un deuxi?me cercle, un peu plus large que le premier. Puis un troisi?me encore plus large, je me retourne pour les suivre du regard ? travers la cime des arbres, je les perds de vue alors qu'ils terminent leur troisi?me boucle au-dessus de l'all?e reliant le bassin ? l'avenue de l'Observatoire. Vingt statues m'entourent. La plus proche se trouve ? environ une dizaine de m?tres dans mon dos. Toutes ces statues ont l'air d'avoir ?t? blanchies r?cemment. Du coup on pourrait croire qu'elles sont neuves. Le fait d'avoir ajout? au jardin des statues qui n'?taient pas l? ? l'origine, c'est vraiment kitsch. Nous avons en r?sum? un b?timent sale, des arbres ?g?s qui perdent leurs feuilles et un jardin ? la fran?aise tout propre. Il y a un d?calage dans le paysage.

Quinze minutes. Elles sont pass?es vite tout compte fait. Je peux s?rement en tenir trente. Je me promets de ne pas quitter ma chaise avant ce terme. La balustrade face ? moi compte quatorze barreaux entre deux piliers significatifs sur lesquels sont plac?s les pots de fleurs. Mon regard fait le tour du jardin, la r?gle des quatorze barreaux est respect?e partout o? la balustrade court. Mais ces barreaux ont une forme balourde. Il n'y a pas ? proprement parler de probl?me avec leur pied ou leur t?te. Non, ce qui cloche c'est plut?t la partie centrale. Cylindrique bien s?r mais la base du cylindre est renfl?e, de mani?re ? donner ? l'ensemble l'allure d'une goutte d'eau. Et cette forme r?p?t?e quatorze fois de suite, cote ? cote, sur tout le pourtour du jardin procure ? l'ensemble une lourdeur difficilement supportable d?s qu'on en a pris conscience.

Au milieu du bassin octogonal tr?ne un angelot regardant en l'air, bras tendu vers le ciel. Ajout? aux statues environnantes, ?a m'emb?te de le dire mais il est un peu de trop. Le b?timent du S?nat a l'allure d'un gros p?t? de sable. Le rez-de-chauss?e est le plus haut des trois ?tages que l'on devine depuis l'ext?rieur. Cependant il est fort possible que la hauteur du b?timent soit d?coup?e diff?remment ? l'int?rieur. Toujours est-il qu'on croit deviner une hauteur sous plafond assez impressionnante dans les salons du rez-de-chaus?e. Le deuxi?me ?tage est moins ?lev?, et le troisi?me ?tage l'est encore moins que le deuxi?me. L'ensemble ne s'?l?ve donc pas majestueusement comme un ch?teau de Versailles. Il est au contraire ancr? l? dans le sol comme une bouse. Et j'ai l'impression que c'est tout le jardin qui s'affaisse avec lui. Et moi avec d'ailleurs, ne suis-je pas incrust? dans ma chaise ? Des ?trangers passent autour de moi, ils parlent souvent anglais, parfois italien ou espagnol. Des enfants crient autour du bassin. Peut-?tre ont-ils remarqu? eux aussi que la jardin s'enfon?ait, ils prennent peur et tentent de fuir vers la fontaine de M?dicis.

Le jet d'eau du bassin pisse en continu. Les toits du S?nat sont sales, on peut observer des coulures de zinc sur les ardoises. La pendule approche de la demi-heure. Puis-je consid?rer cette exp?rience comme une r?ussite ? Je suis ? pr?sent apais?, content de tout ce que je viens d'observer et repos?, mais je n'aurai finalement jamais l?ch? bien longtemps l'horloge du regard. Une sorte de d?rapage contr?l? en somme, une br?ve p?riode au point mort pass?e ? regarder autour de soi tout ce petit monde avancer. Je commence ? avoir froid. Le carillon retentit, je ne peux vraiment pas rester plus longtemps. Les trois chaises m?talliques vertes restent l? et j'ai la nette impression que les arbres sont plus orang?s qu'? mon arriv?e.

Je repars par l'avenue de l'Observatoire. Avant de quitter le jardin, je me retourne et d?couvre une pente douce menant au bassin. Sous cette angle, la balustrade de pierre d?crit une ellipse et le regard remonte vers le S?nat, statutaire. Il n'y a plus rien de balourd sur ce tableau, on pourrait tout au plus dire que c'est massif. Le square au centre de l'avenue remontant jusqu'? Port Royal nous fait quitter l'ambiance du jardin tout en douceur, comme s'il s'agissait d'un "fade out". Et je me remis ? p?daler boulevard du Montparnasse en pensant ? l'homme charg? de l'entretien des chaises m?talliques. Son m?tier est d'offrir le moyen de la contemplation aux gens. Ses chaises incitent ? la pause.

La semaine suivante, je suis donc retourn? au travail. Dans mon nouveau bureau, habill? de mon petit costume et de ma petite cravate, et j'ai eu quelques flashs au cours d'apr?s-midi pass?es ? m'instruire sur ce qui devient peu ? peu mon nouveau domaine de comp?tence. La teneur de ces flashs ?tait : "Mais qu'est ce que c'est que cette mascarade ? Qu'est-ce qu'on fout l? bon sang ? Je ne suis pas fait pour travailler moi, je veux aller dehors et simplement contempler ce qui m'entoure, c'est tout !". Cela a dur? moins de cinq secondes ? chaque fois je pense.

N'emp?che que quand j'ai fait part de cela ? Flo, il m'a s?rieusement r?pondu : "Mais attends ! C'est pareil pour moi ! Je pense la m?me chose ! Je me fais chier encore 3 ans et ensuite je deviens employ? municipal ? la mairie de Toulouse !". La r?f?rence aux 3 ann?es, ?a vient d'un professeur d'?conomie lors de notre derni?re ann?e d'?tudes qui ne cessait de nous r?p?ter : "Au d?but de votre carri?re, il faudra travailler travailler travailler beaucoup beaucoup beaucoup et ensuite, ? partir de 30 ans, vous serez tranquilles". Ce sera balistique. Z?ro risque. Et pourtant il restera bien un risque majeur, celui de ne pas sentir le changement venir, de ne plus ?voluer, de ne pas s'adapter, de ne pas bouger avec son environnement. Le risque, ce serait finalement de rester assis sur les chaises m?talliques vertes, de faire "STOP" plut?t que "PAUSE".


vendredi 12 octobre 2007

Hippo diplo

Ce soir, de nouveau, certaines de mes croyances vacillent. Vous vous souvenez peut-?tre d'un ancien billet dans lequel j'apercevais un ancien ministre de l'Int?rieur accompagn? d'une journaliste en vogue. A cette occasion, nous nous interrogions sur la probabilit? de voir cet ancien ministre conduire une C2 plut?t qu'une Porsche. Si j'avais ? l'?poque prolong? la r?flexion, j'en serais certainement arriv? ? me demander o? la probabilit? de croiser un ministre des Affaires Etrang?res est-elle la plus ?lev?e : au Fouquet's ou ? l'Hippopotamus ? Bien s?r vous devinez d?j? quelle aurait ?t? ma r?ponse.

Et bien cette soir?e qui s'ach?ve vient de d?montrer que la conclusion n'est pas si ?vidente que cela. 23 heures sonnaient sur la grosse horloge de la gare Montparnasse et, ? cette heure tardive pour d?ner, nous n'avions plus beaucoup de choix parmi les restaurants dont la cuisine ?tait encore ouverte. Nous d?cidions de descendre ? l'Hippopotamus situ? avenue du Maine.


Qui croyez-vous que je vis assis sur une banquette dans le fond de ce restaurant ? ... Oui. Lui-m?me en effet. Bernard Kouchner. La th?se du sosie fut vite ?cart?e puisque nous avons ?t? plusieurs ? l'entendre parler et ? ainsi pouvoir certifier formellement que c'?tait bien lui. Et puis il a remis son imper et il est sorti sur le trottoir avant de s'?loigner en remontant l'avenue vers la gare. Pas de grosse 607 dans les parages, pas d'hommes aux lunettes noires se tenant l'oreille sur ses talons, pas de chichis quoi... il est comme ?a Bernard, un homme simple, les pieds sur terre. On peut dire que ce soir un socialiste m'a bluff? !

Au-del? de ?a, C?cilia partage son temps entre Londres et Gen?ve et accr?dite ainsi chaque jour un peu plus la s?paration entre elle et Nicolas, Bernard est vu au restaurant avec une autre femme que son ?pouse... rien ne va plus sous les lambris de la R?publique !