Voil? bien longtemps que nous demeurions sans nouvelles de Monsieur Z ! Install? dans son petit bureau du quatri?me, il ne faisait pas grand bruit c'est vrai. Il s'agitait depuis des mois dans l'espoir de redorer le blason de son m?tier, car en d?pit de sa chance l?gendaire, le milieu dans lequel ?volue Monsieur Z conna?t aussi la crise. Du haut de sa pile de dossiers "A traiter", Monsieur Z jette parfois un ?il ? l'?tage du dessous dans l'immeuble d'en face.

Quelle surprise la premi?re fois qu'il les vit ! Une bande de petits jeunes jouait gaiement au baby-foot au troisi?me ?tage un mardi apr?s-midi dans un immeuble qui se trouve pourtant au centre d'un quartier r?put? pour le s?rieux des affaires que l'on y traite. Bon. Soit. Monsieur Z retournait ? ses dossiers.

Quelques jours plus tard, Monsieur Z devenait vraiment perplexe en les observant jouer ? la PlayStation durant leurs heures de travail ! Plus tard encore, il les surprenait en train de se goinfrer de bonbons, de Lion, Mars et Twix. En fin de journ?e, les petits bonshommes du troisi?me ?tage d'en face devenaient carr?ment d'humeur festive et trinquaient des heures durant ? la sant? de je-ne-sais-quel gourou leur permettant d'avoir ce rythme de travail bien relax. Malgr? cela, Monsieur Z dut se r?soudre au fait qu'il n'est pas log? ? la m?me enseigne et que par cons?quent, lui n'a d'autre choix que de travailler, travailler, travailler, sans baby-foot, sans PlayStation, sans Marshmallows, sans ap?ros du soir entre potes de boulot.

Une fin de semaine se pr?sentait pour le plus grand bonheur de Monsieur Z. Il allait enfin pouvoir mettre de c?t? le travail harassant qui lui ?tait confi? jusqu'au lundi matin. En d?crochant son manteau de la pat?re, juste avant de refermer la porte du bureau, des mouvements retinrent son attention dans l'immeuble d'en face. Il retraversa son bureau et se posta ? la fen?tre. Les joyeux drilles du troisi?me d'en face avaient cette fois-ci investi le balcon de leur immeuble Haussmannien pour y trinquer librement ? l'air libre et c?l?brer dignement le week-end ? leur mani?re. D'autres fumistes ?taient quant ? eux toujours scotch?s ? la PlayStation, ? gauche on rigolait aux ?clats, ? droite ?a continuait de s'empiffrer de tous les mets sucr?s et caram?lis?s mis ? disposition par leur Grand Gourou. "Mais bon sang, qui sont ces gens ?" s'interrogeait Monsieur Z.

Il devait en avoir le c?ur net. En sortant de son immeuble, il traverserait la rue et irait voir si les gais lurons avaient viss? la plaque du Grand Compte qui les entretenait dans cet univers g?nial. L'ascenseur d?pota Monsieur Z dans le hall aust?re de son employeur. En face de lui : la r?ponse ? l'?nigme. Il traversa la rue, s'approcha du porche de l'immeuble, parcourut toutes les plaques dor?es viss?es dans la pierre : Cabinet d'Avocats, Cabinet d'Avocats, Fonds de Gestion, Conseils en Actifs Financiers, Cabinets d'Avocats? et puis cette plaque, plus color?e que les autres, correspondant aux rigolos du troisi?me : GOOGLE France.

C'?tait donc ?a... Le vent frais du g?nie californien en plein Paris ! Voil? ce qui ?tait parvenu ? d?stabiliser Monsieur Z dans ses ?uvres. Monsieur Z a depuis repris son labeur quotidien sans plus pr?ter attention aux frasques de ses voisins d'en face mais admet bien volontiers qu'il s'est tromp? d'enseigne !