Antoine Online

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lundi 4 décembre 2006

Similitudes au sein du "global business"

La semaine derni?re, Arthur racontait sa guerre, ici. A la lecture de son post, j'ai eu cette impression de "d?j?-vu" ! La m?me vie, tout pareil. Nous sommes l?, dans de l?industrie, sale, ingrate, qui distribue d'insignifiants rewards et qui est incapable de se mettre en valeur. Nous assistons ? la fermeture de sites de production, nous faisons du transfert de technologie et de savoir-faire et nous avons en commun d' "avoir fait la Chine" (?? by Guillaume!). Je suis rentr?, lui y est encore.


Donc comme Arthur, j'ai fait ce charmant voyage de 90 bornes au r?veil sous un ciel teinte matinale. Je quittais un centre n?vralgique qui pulse pour aller au chevet d?un malade industriel enlis? dans ses ennuis en pleine France des r?gions? Parce que l?industrie malheureusement, elle n?a jamais habit? le 16?me?



Comme chez Arthur, ?a pressait, ?a d?coupait, ?a chauffait, ?a suintait, ?a pliait, ?a soudait. Et puis ?a s?est tu. Quelqu?un dans un bureau venait de s?arr?ter sur la ligne ? masse salariale ? d?un fichier Excel et avait d?celer un gisement de r?duction des co?ts ph?nom?nal en d?couvrant que le taux horaire d?un ouvrier ici avoisinait les 25? de l?heure alors qu?il ?tait inf?rieur ? 1? de l?heure l?-bas. On fit nos cartons et on s?en est all? l? o? c'est moins cher.





Et voici comment on se retrouve sur un port chinois dans l?embouchure du YangTze un petit matin de Janvier ? regarder des grues ant?diluviennes aller et venir comme de gros scarab?es.



Nous ?tions arriv?s ? destination.



Restait plus qu?? meubler un peu.



Ensuite, tu es victime de tes premi?res hallucinations. La Chine, c?est tout neuf dans ta t?te. Avant de partir, tu as assist? ? une grosse r?union avec des gens qui ont dit : ? Dans le cadre d?une rationalisation de la demande sur nos march?s, nous sommes contraints de continuer ? accro?tre notre comp?titivit? face aux concurrents. L?am?lioration de notre r?sultat net passe par un effort de r?duction de nos co?ts de production. Cet effort s?appuiera sur un plan en 3 volets : recherche et mise en place de nouvelles sources d?approvisionnements dans les Low Cost Countries, fermeture de notre unit? de production fran?aise, cr?ation d?unit?s de production sur les march?s ?mergents vis?s ? terme : l?Inde et la Chine ?. Et donc pour toi, c?est la Chine. T'as pris ton avion, t'es arriv? l?-bas et tu es tomb? face ? ?a.



Et l?, tu te dis : ? Mieux vaut en rire ?. Et juste apr?s, tu te figures ? toi-m?me qu?au vu du d?calage entre les t?tes pensantes (rest?es en France les yeux riv?s sur le reporting mensuel), et le jeu ? la mode locale de chez locale qui commence ? se tramer sous tes yeux : la partie risque d??tre serr?e. Mais l'affaire se monte et commence m?me ? ressembler ? quelque chose.



Les mois passent. Le soleil brille ? 9500 kilom?tres des t?tes pensantes. Sous le soleil chinois d?un mois de juillet, on se laisse doucement admirer avec un brin de satisfaction le chemin parcouru depuis l'arriv?e. Les mauvais r?sultats financiers, qui ont permis de justifier ton catapultage ici, ne sont peut-?tre pas encore int?gralement dissip?s, mais pour toi le boulot est fait. Y?avait rien, maintenant y?a une usine. Apte ? produire des pi?ces d?une qualit? somme toute ? peu pr?s acceptable. Tu entends dire de loin que la rentabilit? esp?r?e n?est pas au rendez-vous aussi vite que pr?vu. C?est normal, tu as crois? des businessmen de passage dans la r?gion la semaine pr?c?dente et ces messieurs t'ont affirm? qu'il faut au moins deux bonnes ann?es compl?tes ? un nouvel arrivant pour se faire ? l?environnement et commencer ? s?y d?velopper en tirant enfin b?n?fice des investissements effectu?s. En attendant ce jour-l?, tu es un des seuls ? pouvoir mesurer l?ampleur de tout ce qui a ?t? fait : de toutes ces petites choses pas bien anticip?es qui t?ont foutu correctement dans la merde pendant des semaines, jusqu?aux coups tordus des chinois qui tentent de te mettre des b?tons dans les roues. De tout cela, une chose ressort : d?sormais, sans ?tre devenu fondamentalement pessimiste, tu sais que la loi qui s?vit par d?faut dans l'industrie est celle de l'emmerdement maximum.

Pendant deux ans, ? chaque fois que tu as ?t? dans l'impossibilit? de suivre une action dans la longueur jusqu'? son terme, et qu'en d?pit de cela tu souhaitais tr?s fort qu?enfin, rien qu?une fois, les choses se d?roulent comme pr?vu, c'est-?-dire correctement... et bien non... ? chaque fois, ?a s'est mis ? merder dans les grandes largeurs. Imaginer, juste une fois, que quelque chose va se mettre ? pencher du bon c?t? de la balance est irr?aliste. Un brin de chance dans ce milieu, ?a n'existe tout simplement pas.

Au bout d?un an et demi, tu n?arrives pas ? croire qu?il faille encore r?p?ter ? tes nouveaux coll?gues chinois pour la ?ni?me fois la fa?on dont les choses doivent se passer en th?orie. On ne parle m?me plus de patience ? ce niveau l?, tu t?abandonnes simplement aux m?thodes locales et tu ne t??nerves plus, tu laisses couler. La non-r?activit? des cadres rest?s en France devient odieuse au milieu d'un esprit d'entreprise chinois qui se caract?rise par son volontarisme. Qui est ce con d'occidental, ? 9500 kilom?tres de l?, qui met un mois ? t'apporter le support r?clam?, et qui dans le m?me temps exige ? ASAP ? que tu remues ciel et terre pour lui fournir une ?ni?me synth?se chiffr?e de ton activit? ? Arriv? avec le statut d'expert technique, mandat? par le Corporate et dot? du pouvoir de dire "C'est comme ?a que ?a va se passer les enfants et pas autrement", dans le seul objectif d??vang?liser une terre qui ne demande qu'? s'industrialiser ! tu en repars fascin? par ceux qui t'ont entour? durant tout ce temps, enchant? du travail accompli, un soup?on d?sabus? et enrob? d?un certain relativisme face aux emmerdes quotidiennes.

Tu regardes, du haut de cette passionnante cr?ation, une derni?re fois la rue qui court devant le b?timent. C'est chouette, on s'est bien marr?, il est temps de retourner ? la maison.



On se r?installe en ville, et hop, on se retape ces 90 bornes vers ce site industriel qui ne compte aujourd'hui plus que des bureaux et une zone d?saffect?e.



Le besoin en ressouces humaines est mouvant. Aujourd'hui c'est ? cette fameuse ?quipe de d?veloppement et de support technique que je me retrouve int?gr?, cette m?me ?quipe que je fustigeais depuis mon bureau chinois il y a encore quelques mois. Alors forc?ment c'est beaucoup moins stimulant que le temps de la ru?e vers l'Asie ! Je ferai bien d'aller vers de nouveaux d?fis.



Merci encore ? Arthur pour son post ? combien inspirant !

dimanche 12 novembre 2006

(...)

lundi 23 octobre 2006

Mate les pompes, c'est du lourd coco !

Ce matin, 7h59, Paris, ligne 8 direction Balard ; j?ai le regard vide du lundi matin, viss? sur le plancher de la rame de m?tro sans aucune volont? de le relever. Je regarde les chaussures des gens, ?a dit beaucoup de choses les chaussures. Bottes, baskets, mocassins us?s, cuir fra?chement cir?, bouts ronds ou carr?s, pieds larges ou effil?s, chaussures ? talons? jusqu?au moment o? je bloque net. A l?arr?t sur une paire de chaussures basses, en mauvais cuir lustr? bicolore (noir et chocolat au lait), plut?t longues et plates sur l?avant du pied. Elles ont un air de bec de canard. Je scrute l?arri?re de la chaussure, la forme est hideuse, Dieu que c?est laid, le talon l?g?rement rehauss? ajoute encore un peu plus au grotesque de l?ensemble. Des chaussures comme ?a, ?a ne peut venir, ? ma connaissance, que d?un endroit dans le monde. D?habitude, elles sont sublimement mises en valeur par une fine paire de chaussettes quasi-transparentes et remont?es jusqu?? mi-mollet. Un mollet qui appara?tra nu ? la belle saison lorsque le pantalon de costume mal coup? se porte remont?, au moyen d?ourlets, jusque dans une zone comprise entre le dessous du genoux et la mi-cuisse.

Le moment ?tait venu de savoir si mon pressentiment ?tait juste. Mon regard d?collait alors vers l?heureux propri?taire de ce mod?le d?anthologie, qui n?est heureusement pas commercialis? chez nous. Bingo. L?homme est endormi, la t?te pos?e en arri?re, bouche ouverte, fil rouge autour du coup auquel est tr?s certainement accroch? un petit pendentif en jade? c?est un chinois qui d?balle sous mon regard captiv? cette classe toute extr?me-orientale ! Splendide specimen.


Ze pompe chinoise officielle - Le mod?le jetset en croco
(existe aussi sans lacets) - (complet?ment collector)

dimanche 18 décembre 2005

Clip cosmique


D?cid?ment, la Muraille de Chine est une source d?inspiration intarrissable. Voici que voil? un court-m?trage dont le mat?riau brut est compos? de : 2 protagonistes marcheurs, un dialogue anodin concluant le premier acte et l'?mergence d'un ?v?nement. Les marcheurs se figent. S?en suit un plan dit ? Plan ? la Lelouch ? o? le monde et la cam?ra tournoient. Enfin le plan de fin se joue sur une translation quasi-stable des 2 protagonistes vers le paysage. Remarquez comme l?aridit? de l?environnement sert la transmission des ?motions. Le sol est fait de pierre froide et le ciel est gris, s?cheresse visuelle. Je parle ici du mat?riau brut uniquement car un magnifique travail de montage, effectu? par Alexandre, sublime l'ensemble de la s?quence initiale.



Prodigieux montage et savante mise en son, n'est-ce pas ? La s?quence prend des allures cosmiques gr?ce ? Curtis et le titre "Hung up" issu de l'album "Transfer". Ce joyau de l'histoire du clip vid?o personnel est n? du 3?me sous-sol des studios "19?me productions" le vendredi 16 d?cembre ? 4h du matin. 28 sandwichs poulet-mayonnaise ingurgit?s, 54 litres de caf? aval?s, etc. Que soit glorifi? Alexandre, brillant monteur.

Les personnes sensibles ? cet ? art ? ressentiront tout d?abord la qui?tude assortie d?un zest de curiosit?. Puis l??tonnement, la surprise, bien s?r. S'en suit ensuite une sorte d?extase intemporelle, durable et tendant finalement vers la b?atitude, le tout sous le diktat du beat. D?finitivement du tavail bien inspir?.

A nous Cannes ou les MTV Music Awards ! Assur?ment.