Antoine Online

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samedi 30 décembre 2006

Quand le traditionnel conte vire au drame !

J'ai ?t? t?moin d'un flagrant oubli d'esprit de No?l, vendredi 23 d?cembre dernier aux alentours de 19h15 ? la FNAC Montparnasse. C'est donc au nom du Comit? d'Organisation d'un Nouveau No?l d'Aide et de Solidarit? pour les Sans Euros (C.O.N.N.A.S.S.E.) que je d?nonce la cruaut? d'une vilaine caissi?re. Laissez-moi vous peindre le tableau de cette petite sc?ne de vie.

3 protagonistes :
- Premier personnage, la victime, une dame dans un tailleur ? carreaux noirs et blancs qui devait ?tre ? la mode il y a encore une quinzaine d'ann?es ? peine, brune, longs cheveux raides, discr?te dans son ensemble, ne respirant globalement pas l'aisance et la haute estime de soi comme les autres affreuses bourgeoises, tra?nant dans le quartier ? l'heure de la fermeture des boutiques, plus emperlous?es encore que leur propre sapin ? cette saison.
- Deuxi?me personnage, la caissi?re de la FNAC, une blondinette propre sur elle, paraissant assez inoffensive au premier abord mais que la fatigue de fin de journ?e pousse vers une ind?licatesse verbale et une m?chancet? gratuite. Une vraie petite connasse quoi (rien ? voir avec le Comit? d?j? cit?).
- Troisi?me personnage, the Watcher, l'ethnologue auto-proclam? de la rue de Rennes entre autres, t?moin de la sc?ne ? l'insu de son plein gr?, moi.


Les files d'attente aux caisses ?taient aussi longues que les bras du grand orang-outan d'Indon?sie (jugez par vous-m?me). Et ?tonnamment elles ?taient plut?t calmes et disciplin?es. Un vigile organisait ces files ? mesure que les clients, r?chapp?s de la cohue r?gnant aux ?tages sup?rieurs, se pr?sentaient ? la caisse pour r?gler leurs achats. Les gens ?taient logiquement satisfaits d'avoir pu, jusqu'? l'avant-veille de No?l ? cette heure semi-tardive, trouver un cadeau ? offrir. Et la difficult? pour beaucoup d'entre eux ?tait moins le passage face au tiroir-caisse que la recherche de LA bonne id?e originale de cadeaux. Ainsi donc foule il y avait, mais d?tendue ?tait l'atmosph?re.

Devant moi, la victime commen?ait ? poser sur la caisse ses achats. La blondinette flashait les codes barres au moyen de son pistolet et annon?ait : "60 euros et 44 centimes s'il vous pla?t" d'un ton encore neutre. La dame-cliente sortait alors de son sac 2 ch?ques-cadeaux d'une valeur de 30 euros chacun et s'appr?tait ? puiser dans son porte-monnaie les quelques centimes d'euros n?cessaires pour atteindre la somme annonc?e... Elle n'avait pas encore termin? de poser les deux ch?ques devant elle que Madame Blondinette l'arr?tait net en lui opposant un "Ah non je suis d?sol?, on ne prend pas ces ch?ques l? dans notre r?seau".

Et l? nous avons senti que le sol se mit ? tanguer sous les pieds de la victime. Nous ?tions tous dans l'attente d'un "Ah bon ? Bien, ce n'est pas grave, je vais vous r?gler en carte bleue dans ce cas" qui n'est finalement jamais venu. Au lieu de ?a, elle balbutiait un timide "Ah... et bien, je n'ai pas d'autres moyens de paiement... je n'ai pas assez de liquide... je ne vais pas pouvoir tout prendre...". Tout le team de la caisse num?ro 8 observait d'un oeil discret et compatissant cette dame embarrass?e.

D?butait alors le plus douloureux des arbitrages qui soit en cet avant-veille de No?l. Dans le panier de courses initial de la dame : un coffret de 3 DVD et 2 romans. On pouvait suivre sur son visage le cheminement de ses pens?es. Le regard riv? sur le sol, perdue dans sa r?flexion, elle se questionnait : "Dois-je garder le coffret de 3 DVD qui ferait tant plaisir ? Valentin ? O? dois-je plut?t acheter les 2 romans qui combleraient de bonheur Manon ? Lequel de mes deux enfants vais-je devoir sacrifier ? S'il y en a un capable d'endurer une d?ception am?re en ce jour de joie pour les enfants, quel est son nom ? Saura-t-il un jour me pardonner ?".

Et alors que tout le monde retenait son souffle conscient du drame qui se nouait ici, la caissi?re choisissait d?lib?r?ment d'ajouter un coup de pression ? la sc?ne en l?chant "Bien, vous avez fait votre choix madame ? Va falloir se presser maintenant, y'a du monde qui attend !". Son sourire s'?tait effac?, elle avait le regard froid et calculateur des tueurs en s?rie. La victime d?cidait d'abandonner sa dignit? sous l'assaut de cette p?ronnelle en gilet vert ? bande jaune, et implorait sans relever les yeux qu'on lui redonne le montant de chacun des articles qu'elle avait dans son panier.

D'un ton tranchant, inopportun, la dinde en service caisse num?ro 8 s'ex?cuta et pronon?a rapidement "29 euros 95 les DVD, 12 euros 49 ce roman ci et 18 euros ce roman l?"... Nouvelle minute d'apn?e pour le team de la caisse 8, clients de la file d'attente compris. La victime en proie ? son interrogation finit par trancher, apr?s une ultime sommation de la blonde qui n'avait plus d'humain que quelques r?les d'exasp?ration. Ce seront donc les 2 romans qui tr?neront sous le sapin. Et voil? que la victime d?plie un an un les billets, aligne doucement les pi?ces d'une main tremblante, parvient finalement ? r?unir 30 euros et 49 centimes. Ces 30 euros et 49 centimes puis?s sur le compte "D?ner de No?l" en toute vraisemblance. Cette ?pargne qui aurait du payer les tranches de saumon servies en entr?e, ou peut-?tre la b?che dont raffole les enfants en dessert, cette ?pargne donc, fut abandonn?e dans la douleur au milieu d'une indiff?rence quasi-g?n?rale et surtout en face d'une ?me haineuse !

D?boussol?e, d?j? ivre de remords de ne pas pouvoir offrir aux enfants le No?l qu'ils m?ritent, la victime s'en allait, le regard toujours viss?e au sol. Et c'est ? cet instant que la D?traqueuse choisit de lever haut l'?p?e pour donner l'estocade sous la forme d'un "H? !! vous pourriez dire au revoir !? alors ! non mais d?j? que vous avez fait attendre tout le monde, cela ne doit vous emp?cher d'?tre polie !". A?e a?e a?e... La g?ne gagnait ? pr?sent les autres badauds venus assist?s au massacre. Cette pauvre dame venait de vivre un ?pisode humiliant, et voil? que son bourreau lui replantait le nez dans la merde en public. Elle n'eut pas la force de dire quoi que ce soit. Elle retourna la t?te furtivement mais une nouvelle fois ne parvint pas ? affronter le regard inquisiteur de la caissi?re. Elle ?tait d?j? en fuite.

A la suite de cela, l'ambiance ?tait pesante caisse num?ro 8. C'?tait ? mon tour de me pr?senter face au monstre. Conscient que le moindre faux pas serait sanctionn?, je prenais les pr?cautions d'usage en adressant un "Bonsoir" de politesse, pour calmer l'ogre. Ce dernier s'excusait de m'avoir fait attendre "? cause de la dame"... je r?pondais que j'en avais strictement rien ? secouer, et que je n'?tais pas ? 5 minutes. Je n'avais qu'un article, un cordon double jack, 4 euros 90 centimes. Rien de nature ? r?veiller la furie. Je r?cup?rais ma monnaie et l?chait "Merci" ? l'attention du cauchemar des m?nag?res Sans Euros. Prise de risque minimale de mon c?t?... jusque l? tout se passait bien. Le d?mon semblait s'?tre rendormi. Et puis catastrophe, transaction conclue, je me suis cru libre un peu trop rapidement et oubliait les circonstances de ce vendredi 23 d?cembre. Je quittais la caisse et son dictateur en ne l?chant qu'un "Au revoir"... Sanction imm?diate, je fus rattrap? par le col et j'entendis claquer ? mes oreilles : "Et puis bonnes f?tes quand m?me hein !?!!!". Je ne lui devais plus rien, je me contentais donc d'un "Oui merci". ?a fait partie des enseignements de base : Toujours partir en vainqueur.

jeudi 21 décembre 2006

F?cheuse posture

Je parie une coupe de champagne qu'il ne tiendra jamais jusqu'au 25 dans cette position !


samedi 9 décembre 2006

Tout s'explique



Jeudi soir dernier, avant d'aller f?ter comme il se devait mon petit anniversaire dans les bars sympa jouxtant le Panth?on, je faisais un crochet par la CCI de Paris pour assister ? un d?bat organis? par La Tribune avec Jean-Pierre Raffarin. Pour ceux qui s'en souviennent, j'avais d?j? crois? Jean-Pierre ? Shanghai en avril 2005. Devenu entre temps s?nateur, il a pris le temps de r?fl?chir sur le "non" qui l'emporta au r?f?rendum pour la constitution europ?enne. Je retranscris l? en gros ce qu'il nous a dit :

"Vous savez, il faut faire l?effort de comprendre ce qui suscite r?ellement l?int?r?t des citoyens, je me souviens de mes premiers cours de marketing dispens? par Monsieur Jacques S?gu?la, ? l?ESCP en 78, juste avant qu?il ne tourne mal. Il disait : ? Ayez toujours ? l?esprit le besoin r?el du consommateur. Un homme qui entre dans un magasin de bricolage pour acheter une perceuse par exemple, ce n?est pas d?une perceuse dont il a besoin. Ce dont il a besoin, c?est de faire des trous. ? L?enseignement du r?f?rendum sur la constitution europ?enne est que les politiques ont perdu de vue le besoin r?el motivant la cr?ation d?une communaut? europ?enne. Le d?bat s?est tourn? autour des institutions qui ?taient d?j? per?ues comme lourdes, tr?s bureaucratiques. Jamais nous n?avons parl? de ce que permettrait de faire concr?tement une telle organisation. A plus forte raison en France, o? nous avons une obsession organisationnelle, nous n?avons pas assez ?voqu? les grands projets qui pourraient s?appuyer sur une politique europ?enne commune pour se d?velopper. Etonnamment au Luxembourg, petit pays g?ographiquement au centre des poids lourds de l?Europe, a aussi majoritairement dit non ; alors que les enfants naissent l?-bas quasiment trilingues. Ils n?ont fait qu?exprimer le sentiment des citoyens europ?ens qui ont l?impression qu?on leur monte une machine ? gaz sans qu?on ne mette plus justement l?accent sur les r?alisations futures permises par la construction d?une entente. Le besoin europ?en n'est pas d'avoir un parlement ou une commission. Le besoin europ?en est bel et bien de monter des projets communs, rassemblant plusieurs nationalit?s sous de m?mes int?r?ts, afin de faire valoir notre savoir-faire ou nos positions d?j? acquises, sur un march? mondial de plus en plus comp?titif."

C'est donc ?a. Merci Jean-Pierre, il aurait simplement fallu avoir cette vision un peu auparavant. Un peu plus tard, ? propos de l'entr?e dans l'Union de nouveaux pays tels que la Turquie pour n'en citer qu'un, Jean-Pierre conc?dait qu'il fallait marquer une pause dans le processus d'int?gration de nouveaux adh?rents. Pour achever en premier lieu ce qui est d?j? en chantier disait-il. Bon, rien d'?tonnant l?-dessus, c'est la ligne UMP.

Un peu plus tard encore, ? propos de la Chine, un des sujets favoris de Jean-Pierre :

"La Chine cr?e une France tous les 3 ans ! La d?mographie actuelle chinoise, c'est 20 millions de citoyens en plus chaque ann?e ! Sans espoir de pouvoir rivaliser avec une telle croissance, il est bien ?vident que la France doit se placer sur ce nouveau march?. Or qu'y observons-nous ? Actuellement, le principal concurrent de la France en Chine, c'est l'Allemagne ! Lorsque l'ex?cutif chinois lance un appel d'offres international pour la construction d'un train ? grande vitesse, en bout de course, Alstom se retrouve oppos? ? Siemens. Nous revenons donc ? la d?monstration de l'absolue n?cessit? de construire des alliances europ?ennes pour aborder les march?s ?mergents. L'autre souci concernant ces march?s ?mergents, c'est qu'ils s'abstiennent parfois de conclure les ?changes dans le respect des r?gles de droit. C'est pourtant bel et bien le fondement de la politique, cr?er un certain nombre de r?gles de droit pour permettre des ?changes ?quitables. Aujourd'hui, le gouvernement chinois parle en direct avec le PDG de Boeing. Le pr?sident de Microsoft se d?place jusqu'? P?kin pour rencontrer en t?te-?-t?te le pr?sident de la r?publique populaire. Ceci donne la nette impression que les r?gles capitalistes de march?s tendent ? s'imposer et ? supplanter les r?gles d?finies par l'OMC par exemple. C'est grave !"

Enfin sur la fin du d?bat, J-P confirmait que la France peut tout ? fait se permettre de continuer de d?velopper sa propre ligne en mati?re de politique ?trang?re. Nous sommes all?s, selon lui, d?j? suffisamment loin dans notre d?marcation vis-?-vis de la politique ?trang?re am?ricaine pour ne plus se sentir oblig?s de revenir dans le giron am?ricain. Il rappelait ? cette occasion une phrase de Chirac ? l'encontre des am?ricains : "Il n'est pas possible d'installer une d?mocratie en l'exportant par l'interm?diaire de chars blind?s" (ou un truc dans le genre quoi). Ah ce Jacques, il parvient ? balancer quelques v?rit?s parfois.

Le d?bat se terminait par une question adress?e ? Jean-Pierre :

- "Monsieur Raffarin, que peut-on vous souhaitez pour la campagne pr?sidentielle qui d?bute ?
- Que la pr?sidente de la r?gion Poitou-Charentes conserve son poste ? l'issue de la campagne !"


Sacr? Jean-Pierre, tout pour la d?conne !

Apr?s ?a, les vieux se ruaient sur les petits-fours comme des sauvages. Nous sommes parvenus tant bien que mal ? taper une coupe de champagne et zou, direction le Piano Vache pour prolonger la soir?e.

jeudi 7 décembre 2006

It's Only Rock'n Roll

"It's Only Rock'n Roll (But I like It)" comme dirait Mick ! Bon. ?a c'est dit. Ce post est inutile, inint?ressant et n'a que pour unique vocation d'?tre descendu aux archives le plus vite possible. Il prendra un int?r?t r?el le samedi 7 d?cembre 2030, lorsque je d?ciderai de me souvenir pour quelques instants de ce qui composait l'actualit? du jeudi 7 d?cembre 2006.


?a, c'est pour les historiens.


Ce mercredi soir, je suis all? renouveler ma carte 12/25 ? la gare. Tu me diras "sacr? occupation lulu !". Ouais mais ce qu'il faut voir, c'est que je l'ai faite renouveler ? H-2h. H-2h de quoi ? H-2h de la limite d'?ge autorisant le renouvellement de la dite carte pardi. Tu me crois, tu me crois pas, mais ?a a vachement distrait le guichetier de me voir. Il s'est empar? de mon ancienne carte et a dit :

Lui- "Wahouuu ! Alors ?a c'est judicieux de venir maintenant !

Moi- H?h? ! Qu'est ce que tu crois l'ami ? Que je passais par l? comme ?a et que sur un coup de t?te je viens te dire bonjour ?! Oh que non mon cher, aussi suprenant que cela puisse para?tre, il s'agirait que tu te figures que depuis ma naissance il y a 9495 jours, notre rencontre l?, ce soir, vers 22h, dans ce hall ?clair?, ?tait programm?e. Ou presque, parce qu'en r?alit? l'?l?ment d?clencheur du compte ? rebours qui nous am?ne ? cet instant o? je te parle, ce serait davantage la cr?ation de la carte qui fait voyager les jeunes ? moins cher (mais ni toi ni moi n'allons chipoter pour ?a pas vrai ?). ?a donne le vertige hein ?

Lui- Ah ouais non mais quand m?me, c'est fort, et dire que dans 2 heures ?a aurait ?t? trop tard...

Moi- Mais ouais, mais je suis comme ?a moi ! Je suis un fou, je suis capable d'attendre des ann?es enti?res pour b?n?ficier le jour J de The Ultimate Bon Plan dont tout le monde est au courant sur la Terre, ? savoir, faire renouveler cette carte de malade mental, qui me permet de relier Saint-Malo ? Cassis en pas plus de 8h18 avec correspondances ? Rennes et ? Marseille Saint-Charles pour ? peine plus que le prix d'un d?ner ? quatre servi ? la brasserie L'Atlantique en face de cette gare, la faire renouveler donc disais-je, la veille de ton 26?me anniversaire. De mani?re ? profiter du tarif "carte Kiwi holder" jusqu'? l'avant-veille de ton 27?me anniversaire. Enfin je t'explique ?a mais tu le sais tr?s bien, vrai ou faux ? C'est quand m?me toi le professionnel en la mati?re."


Je ne me suis pas coiff? d'une couronne de bougies pour l'occasion mais le coeur y est.