Antoine Online

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dimanche 24 juin 2007

Cherry picking

Ce samedi, j'ai fait un petit tour au Salon du Bourget en d?but d'apr?s midi accompagn? de BenCo qui nous avait d?g?t? ? la derni?re minute deux s?sames gratos pour entrer voir les avions. Coup de feu ? midi pile donc par un coup de fil qui m'annon?ait : "Les d?mos en vol d?marrent dans ? peine 2 heures, j'ai 2 billets qui nous attendent l?-bas, saute dans un pantalon, y'a pas le temps de r?fl?chir, rendez-vous en queue de train sur le RER B ? Gare du Nord." ?a semblait bien ficel?, je m'ex?cutais.

Une fois sur place, nous entrions quelques minutes avant le d?but des d?monstrations d'a?ronefs, non sans que BenCo trouve le temps de jouer "le coup de la consigne" (rien d'ind?cent l?-dedans, rassurez-vous) ? la plus belle h?tesse pr?sente sur la zone a?roportuaire. Quel professionnalisme. Apr?s nous ?tre fray? un chemin au travers d'un hall, nous acc?dions enfin au tarmac sur lesquels ?taients parqu?s quelques jets, des h?licopt?res, des avions de transport militaires, l'Airbus ZERO-G (dont les paraboles en plein ciel permettent de recr?er les conditions de l'apesanteur en cabine), un Boeing 777 et la seule raison de ma venue ici : un AIRBUS A380. Sa silhouette nous est d?j? famili?re, il est aussi gros que ce que l'on s'imagine, mais c'est un v?ritable plaisir que de pouvoir l'observer en vrai.

D?monstration d'h?licotp?res Puma, puis Tigre. Vol d'un petit avion composite, suivi d'un jet Falcon. D?collaient ensuite le Rafale, un Mirage 2000 et un avion de chasse italien d?chirant les airs. Puis c'est sous les applaudissements de la foule que l'A380 s'arrachait du sol pour effectuer trois boucles serr?es avant de r?-atterrir aussit?t. Un F16 et un F18 assuraient le spectacle apr?s le passage du plus gros avion de ligne du monde. Enfin nous assistions ? la d?monstration des capacit?s du chasseur europ?en Eurofighter Typhoon et d'un avion de transport militaire.

Tout au long des d?monstrations, deux commentateurs d?livrent au public un tas d'informations techniques sur les avions et les figures effectu?es face ? la foule. Ces commentaires sont assez pointus et donc assez captivants... jusqu'? ce que le speaker termine de lire la petite fiche de synth?se qui se trouve sous ses yeux. Les commentaires qui suivent alors sont "brod?s main". Cela donne par exemple:

A propos de l'avion de transport militaire : "Et le voil? qui se lance dans une ?volution lyrique... presque outranci?re... c'est du Verdi qu'il nous interpr?te l?." ou encore "Il vole sur la tranche, le pilote se sert alors de toute la voilure pour s'appuyer sur l'air alors qu'il reserre de plus en plus son virage... il peut aussi tricher en jouant sur la puissance des moteurs... un peu plus de gaz ? droite qu'? gauche aura pour effet stabiliser la position... et l? je peux vous dire que si un homme est rest? par m?garde enferm? dans le compartiment cargo sans hublot pendant ces six minutes de d?monstration... et bien ? l'atterrissage... on pourra lui sortir une petite cuvette."

A propos du F18 : "Impressionnant F18... d'une v?locit? extr?me... le pilote combat sous nos yeux avec sa machine... sur ce type d'avion les commandes ?lectriques de vol sont quasi-hyst?riques."

Les photos :



et quelques vid?os :


dimanche 17 juin 2007

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lundi 11 juin 2007

Le jour de l'?preuve

327.590 personnes se l?vent et ressentent un petit frisson leur parcourir l??chine, il y a dans l?atmosph?re de cette chambre, rest?e moite apr?s une semaine intense de r?visions, un peu plus de pression qu?un jour classique. Ce matin, plus que tous les autres, il faut le silence. Une seule chose permet de ne pas ressentir trop lourdement ce poids sur la poitrine : la concentration. Stay focused.

Evidemment, on adresse quelques mots ? ses parents pour les rassurer et leur affirmer encore une fois qu?on se sent bel et bien pr?t. Evidemment, on essaye de se montrer serein mais en r?alit?, nous ne sommes d?j? plus que dans l?anti-chambre de l??preuve, seul. Le vide s?installe de soi-m?me. L?excitation gomme la fatigue. Nous sommes dans une bulle ayant pour unique issue la ligne de d?part, l?instant o? il faudra remobiliser toutes ses connaissances et les faire jaillir en quelques minutes sur une feuille de brouillon dans un premier temps, puis de mani?re d?finitive et r?fl?chie sur sa copie.

On a pris le soin de v?rifier trois fois, hier soir avant de se coucher, qu?on avait bien plac? dans son sac : sa convocation, sa carte d?identit?, quelques fiches de synth?se des diff?rents th?mes abord?s dans l?ann?e. La douche de ce matin n?aura pas le pouvoir de vous d?tendre totalement. Et non, car m?me sous la douche, on reste mobilis?. On se concentre pour entretenir ce vide, gage de qui?tude.

On se met en route, vos parents vous demandent une fois encore de v?rifier ? convocation, carte d?identit? ?, c?est bon. On sort de chez soi et on tombe dans le flot habituel de la vie du lundi matin. On se surprend ? regretter un lundi matin du trimestre pr?c?dent. Il y avait peut-?tre deux devoirs surveill?s ce jour-l? de l?ann?e scolaire, la p?riode ?tait sans doute beaucoup plus chiante, mais ce n??tait pas in?dit. La situation se g?rait finalement bien apr?s toutes ces ann?es de lyc?e. C??tait un gros lundi, mais ?a ne restait qu?un lundi de routine. Aujourd?hui, c?est diff?rent, ce lundi l? est unique, tout du moins on l?esp?re fortement.

Pris dans les transports, on prend soin de n?avoir aucun contact avec qui que ce soit. On pr?serve son ?nergie. La bulle est encore ferm?e. On ? stay focused ?. Arrivent les portes du centre d?examen o? l?on croise quelques camarades. On ?change dans la bonne humeur quelques mots, quelques rires. On s?enquiert vite de conna?tre le num?ro de sa salle sur les tableaux o? sont list?s les noms des candidats. H-10 minutes, il faut retrouver le calme. On s?isole ? nouveau pour retrouver sa concentration. On se persuade qu?on est capable de r?aliser une belle performance intellectuelle ce matin. On se dirige vers la salle, on trouve sa place, les surveillants sont l?. Il y a beaucoup d??l?ves inconnus autour de vous, avec un peu de chance vous aurez un camarade de classe assis quelques rangs plus loin. Ce sera la derni?re personne avec qui vous ?changerez un ultime clin d??il dans quelques secondes.

Vous ?tes assis et vous sortez votre convocation, votre carte d?identit?, votre trousse. Une personne passe v?rifier que vous ?tes bien vous-m?me et que vous ?tes bien assis ? la bonne table. Le vide se r?sorbe dans votre esprit, vous ?tes maintenant plus concentr? que jamais. Les th?mes ?tudi?s se replacent dans votre esprit, tous sont accroch?s ? une arborescence d?arguments, de concepts et de r?f?rences, tout va bien. Une personne entre dans la salle et donne aux deux surveillants une liasse de sujets. Ils vous sont distribu?s, pos?s ? l?envers sur le coin de votre table, on vous a somm? de ne pas encore y toucher. Finalement, ces conditions d?examen, vous les connaissiez. Cela ressemble en tous points aux deux bac blancs que vous avez passez cette ann?e. Le rituel ne vous impressionne pas, tout se d?roule comme ? l?entra?nement.

Le surveillant g?n?ral demande si chaque candidat dans la salle a bien re?u un sujet. R?ponse affirmative. A cet instant, vous sentez la tension musculaire qui se rel?che, vous ?tes apais?s. Les secondes s??gr?nent lentement. Le surveillant reprend la parole : ? Mesdemoiselles et Messieurs, il est 8 heures et 1 minute. Vous disposez de 4 heures pour composer, l??preuve prendra donc fin ? midi et 1 minute pr?cis?ment. Vous pouvez commencer. Bon courage. ?. Son assistant s?empare d?une craie et ?crit en tr?s grosses lettres sur le tableau : DEBUT 8H01 / FIN 12H01. Tout en vous emparant de votre sujet, vous songez qu?il est plut?t sympa ce surveillant de vous souhaiter bon courage. Cela r?introduit un peu d?humanit? dans ce processus solennel assez froid.

Si vous passez le bac g?n?ral s?rie Scientifique, vous lisez :

S?rie S
- Le d?sir peut-il se satisfaire de la r?alit? ?
- Que vaut l?opposition du travail manuel et du travail intellectuel ?
- Expliquer un texte de Hume extrait d? ? Enqu?te sur les principes de la morale ? sur le th?me de la Justice.
Mouais? le d?sir et la r?alit?? th?me du travail? ou la Justice. Bon, vous ne savez pas trop quel sujet prendre. Vous griffonnez sur votre brouillon tout ce que vous connaissez de la th?orie de chacun des th?mes propos?s et vous vous accordez 15 minutes pour choisir le sujet que vous traiterez. Une fa?on de proc?der plut?t sage? Bon courage.



Les sujets des s?ries L et ES ?taient :

S?rie L
- Toute prise de conscience est-elle lib?ratrice ?
- Les ?uvres d?art sont-elles des r?alit?s comme des autres ?
- Expliquer un extrait de ? Ethique ? Nicomaque ? d?Aristote sur le th?me de la responsabilit?.
S?rie ES
- Peut-on en finir avec les pr?jug?s ?
- Que gagnons-nous ? travailler ?
- Expliquer un texte de Nietzsche extrait de ? Humain, trop humain ? sur la morale.

samedi 2 juin 2007

La brune, la Porsche et l'imper.

Gros dossier: ce samedi midi, avec BenCo, nous d?cidons d'aller d?jeuner au Coffee Parisien situ? rue Princesse. A l'approche du resto, nous remarquons une jolie brune en imper beige sur le trottoir entour?e de deux personnes. Le plus naturellement du monde, je l?che un "Tiens c'est Marie Drucker". Quelques m?tres plus loin, nous prenions la mesure du dossier et je ne pus m'emp?cher de me retourner. Diable, elle nous suivait.

Sans se laisser ratrapper, nous nous engouffrions dans le restaurant. A peine le temps de s'avancer qu'elle ?tait d?j? sur nos talons ! Les cinq minutes les plus longues de la journ?e pour BenCo commen??rent. Au coude ? coude avec elle, il dut attendre que la waitress nous place. Attitude adopt?e : on n'a rien vu, on ne frise m?me pas la panique, ce n'est pas la peine de nous coller comme ?a.


Nous voil? ? pr?sent assis ? une table, elle est rest?e au bar assise sur un tabouret. Quand soudain ! Fran?ois (Baroin) entre en piste ! Chemise blanche, costume d'?t? l?ger assez fonc?, le jeune ex-ministre de l'Int?rieur au teint h?l? franchit le seuil et se rapproche de sa donzelle. Et vas-y que ?a s'enlace sous le regard alerte de la moiti? des clients du restaurant, qui font cependant tous mine, comme nous, de ne rien voir. A cet instant, BenCo m'avoue que tout ?a lui a coup? l'app?tit.

Elle boit une sorte de smoothie, on les voit ? peine ? manger qu'ils en sont d?j? au caf?. Ils passent un moment bien agr?able ensemble et repartent bien avant que je finisse d'avaler mon brownie.


A notre sortie du restaurant, une Porsche Carerra S flambant neuve (il y a encore les plastiques de protection sur les tapis de sol) tr?ne sur la place "Livraisons" face au resto. Vision banale somme toute sauf que... sauf que BenCo remarque quelque chose sur la banquette arri?re. Il semble que ce soit l'imper de Marie. Sur cet imper est pos? une rose. Tout concorde, Fran?ois plein d'assurance depuis qu'il est v?rouill? sur Marie est le premier des lovers et aura offert une rose ? sa douce. Ils sont partis faire un peu de shopping dans le quartier, il faisait chaud, elle aura voulu laisser son imper dans la voiture.

C'en est trop ! Moi je veux bien qu'un ministre sorte avec une journaliste en vogue. C'?tait sympa l'id?e du restylage, abandonner les lunettes et travailler le bronzage, why not ? ?a fait assez glam'. Mais de l? ? le surprendre ? faire son branleur au volant d'une Porsche Carerra S !!!... Le pire dans cet histoire, c'est qu'on cherche ? se retrouver en eux : ils sont jeunes, ils sont actifs, ils sont urbains, ils sont appr?ci?s, ils sont souriants, ils sont beaux, ils sont accessibles. Qui n'aimerait pas voir son reflet en eux ? D?cid?ment, depuis le 6 mai, les hommes politiques rajeunissent et assument un style de vie qui me fait bien marrer.


Quoiqu'il en soit, une question demeure : ?tait-ce r?ellement sa Porsche ? Comme dirait BenCo : "Tu crois quoi au juste ? Tu crois qu'ils roulent en C2 ?" Qu'en pensez-vous ? (Une derni?re chose, si vous avez des connexions au registre des immatriculations, contactez moi s'il vous pla?t, nous pourrions avoir le fin mot de l'histoire...!)

Edit (03/06/07 ? 1h05) : Une Marie D ? midi, c'?tait d?j? beaucoup. On ne devrait jamais d?passer ce quota d'une Marie D par jour. Malheureusement rien ne m'est ?pargn? ! Ce soir, nous sortons avec BenCo de chez Flo, nous nous rendons ? Bir Hakeim pour reprendre la ligne 6 dans des directions oppos?es. Sa rame arrive avant la mienne, je vois des gens descendre en face puis d'autres monter (dont BenCo bien s?r). La rame commence d?j? ? repartir lorsque je tilte que la jolie brune souriante ? la veste blanche qui vient de s'asseoir sur un strapontin n'est autre que Mlle Deladune !!! Deuxi?me Marie D de la journ?e, comme ?a juste pour la route. Une seconde passait et je perdais le contact visuel. Un peu court pour des retrouvailles... (la derni?re remontant au samedi 28 ao?t 2004 !) J'eus ensuite simplement le temps d'apercevoir BenCo, bien conscient de la situation, tordu de rire face ? ma mine estomaqu?e. Ce fut si court que je r?ussis ? me convaincre que peut-?tre j'avais r?v?... jusqu'? ce que BenCo me rappelle de chez lui pour confirmer l'inattendu. Crazy saturday... une Marie D peut en cacher une autre.