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mercredi 21 février 2007

Ballade anglaise en images

mardi 20 février 2007

Ballade anglaise

Le week-end dernier, j?ai jou? ? l? ? international mover ? entre Paris et Londres. D?cid?s ? accomplir ce d?m?nagement par la route au volant d?une voiture ayant la roue de direction (le steering wheel comme y disent) ? droite, une grande ?pop?e s?annon?ait.

Le programme a d?but? samedi midi avec ? peine plus de 2 heures de retard sur ce que nous nous ?tions fix?s comme objectif la veille. Apr?s un interm?de musical (Pierre au saxo) et un bon repas des familles autour d?une tarte, nous commencions donc ? nous agiter, ? encartonner, ? porter, ? charger la Vauxhall de loc. Etape suivante : passer ? Bastille pour finir d?embarquer ceux qui partaient ce m?me apr?s-midi pour Dublin. Stop and Go ? Charles-de-Gaulle pour ces messieurs dames visant l?Irlande, ils pr?f?raient l?avion. ?a ne tombait pas plus mal puisque un Paris-Londres en voiture via Dublin, ce n?est pas ce qu?il y a de plus commode. Au d?part de la zone a?roportuaire, un peu avant 15 heures, il fallait d?j? admettre que jamais nous ne serions ? Calais ? 16h20 pour embarquer dans une navette Eurotunnel r?serv?e quelques jours auparavant. No problemo, Monsieur Eurotunnel n?est pas contrariant et autorise jusqu?? 2 heures de retard. Apr?s seulement, il se f?che.

Rien de particulier ? signaler sur la route menant jusqu?? Calais si ce n?est un maillage serr? du terrain par les tuniques bleues. Pas moins de deux contr?les radars automatiques, un radar mobile, une voiture avec gendarme inactif en faction et enfin quelques kilom?tres plus loin un autre gendarme shootant les automobilistes aux jumelles. Autant dire que nous nous sentions observ?s ! Notre plaque anglaise apaisait cependant l?angoisse de la prochaine rencontre avec les k?pis.

Et nous arrivions enfin ? Calais pour embarquer dans une navette ferroviaire qui nous ferait traverser le Channel. Cette zone, compos?e de p?ages, de douanes, de quais, de rails, de trains, n?est pas particuli?rement charmante comme vous l?imaginez. L?ajout d?un artifice au visage un peu plus humain (un centre commercial) au milieu de tout ?a n?en fait pas pour autant un lieu hospitalier. L??pais plafond gris nuageux zappe tous les espoirs de faire de l?endroit un Eurodisney nordiste.

Apr?s le passage du p?age, McDo nous fournissait, rapidement et ? emporter, un petit menu pour nous rassasier dans le tunnel. Nous passions ensuite face aux douanes tr?s enclins de tout conna?tre de notre v?hicule, notre identit?, notre provenance, notre destination, des raisons qui nous amenaient ? faire ce trajet, etc. Le "jeu de la douane" c?est : la seule puissance de mes r?ponses donn?es aux questions du douanier va-t-elle suffire ? calmer la suspicion qu?il entretient ? mon ?gard ? Si vous n??tes pas parvenus ? apaiser leurs doutes, il est probable qu?ils aient besoin d?aller au bout de la proc?dure en vous posant comme ultime question : ? Tr?s bien Monsieur, pouvez-vous descendre du v?hicule et m?ouvrir le coffre s?il vous pla?t ? ?. Cette fois-ci, nous avons perdu. Bien heureusement, nous avions anticip? ce passage du contr?le en admettant du bout des l?vres, ? la question rituelle : ? Avez-vous quelque chose ? d?clarer ? ?, que ? Euh? non. Nous avons juste un peu de vin ?. En l?occurrence ? juste un peu ? correspondait ici ? 27 litres. 6 caisses de 6 bouteilles. Bien mal inspir? celui qui s?aventure loin de son terroir sans emporter avec lui quelques plaisirs gustatifs. La douani?re ne tiqua pas et fut m?me certainement ?mue par tant d?honn?tet? de notre part. Nous pouvions alors enfin embarquer ? bord du train. Le parcours dans le tunnel sous la Manche, pass? ? d?guster mon Royal Cheese sur un air de classique, fut tr?s reposant.

Nous d?barquions ? Folkestone ? la nuit tomb?e. Sur les voies de gauche, nous filions vers Londres. Et c?est d?ailleurs ? cet instant que nous avons commis une erreur. Nous aurions du filer vers ? C. London ? et non vers ? London ? tout court. Plut?t que d?emprunter l?autoroute transper?ant les banlieues jusqu?en plein c?ur de la ville, nous avons suivi l?autoroute se terminant dans d?obscurs quartiers au Sud-Est de la capitale. Une bonne heure, c?est le temps que nous avons perdu dans la confiture de trafic (traffic jam). Cela nous aura donn? l?occasion d?exploiter tout le potentiel de notre plan tr?s d?taill? de ? Central London et grande banlieue / includes Fulham, Chelsea, Hammersmtih, Kensington, The City, Clapham, Paddington, Westbourne, Bromley, Woodford, etc. ?. Aux alentours de 20 heures, enfin, le quartier r?sidentiel du buisson de la berg?re (Shepperd?s Bush) nous tendait les bras.

Restait ? d?charger. Ce fut vite fait bien fait, trop impatient que j??tais de repartir ? la d?couverte de la ville. Au programme de cette soir?e, un tour en voiture au travers d?Hyde Park, le quartier de Marble Arch et ballade ? pied le long d?Oxford et Regent Streets jusqu?? Picadilly Circus. En passant devant un cin?ma, je pris note de la sortie de ? Music and Lyrics ?, la nouvelle romance de Hugh Grant with Drew Barrymore. Et puis il y eut tout de m?me cet instant magique et solennel ? la fois? une nouvelle ?tape de franchie sur le chemin de mon p?lerinage ? ?chelle plan?taire lorsque se profila ? une dizaine de m?tres devant moi la pomme blanche sur fond noir, un ?tendard suspendu ? une fa?ade, battant au vent, un escalier de verre monumental, la repr?sentation concr?te des mots innovation et futur : the Apple Store. Une demi-heure plus tard, ? la fin d?un d?ner sur le pouce, commen?ait ? tomber le crachin british.

De retour ? la maison, un constat heureux : les b?tes sauvages, les fous furieux, j?ai nomm? les colocataires belges de Gr?goire n??taient toujours pas rentr?s. On ne tardait alors pas trop ? se coucher car la nuit serait de toute fa?on coup?e par quelques minutes difficiles au retour des fauves. Gr?goire, d?cid? ? freiner toute intrusion d?une bande de grands malades que l?alcool aurait rendu dingo, pris comme pr?caution de d?monter la poign?e ext?rieure de sa porte de chambre.

Et bien lui en pris. 4 heures de matin : un doigt reste appuy? pendant une vingtaine de secondes sur la sonnette? la porte s?ouvre et le festival commence. Des furies commencent ? saccager la maison en pleine nuit, ? la recherche de bouteilles d?alcool pour calmer leur soif chronique. Heureusement, ils ne tomb?rent pas cette nuit l? sur les 27 litres de vin. Nous les avions vaguement dissimul?s. H?h?. En revanche, ils sont venus frapper de leurs petits poings ? la porte sans poign?e de Gr?goire. La pr?caution prise n??tait pas superflue.

Le matin venu, nous constations l?ampleur de l?ouragan : 2 gars inconnus au bataillon avachis tout habill?s sur les canap?s du salon, du verre bris? partout sur le sol de la cuisine, quelques bouteilles vides, une porte de chambre fracass?e et des ?clats de bois partout sur la moquette dans le couloir. Incroyable de violence ! Et ces gars-l? habitent l?, c?est chez eux !

Onze heures ? la pendule, on reprend la Vauxhall pour partir vers Notting Hill. Pour la deuxi?me fois en quelques heures, nous bravions l?autorit? locale en nous garant sur des emplacements portant la mention ? Resident card holders only ?. La ballade dans Notting Hill puis Portobello Street me fit apercevoir de belles maisons, color?es parfois, des immeubles dont les fa?ades ?pousent le trac? sinueux des rues. Je ne compte d?j? plus les Ferrari, Aston Martin, Bentley (et 2CV !) stationn?es. Le quartier, pour sa part r?sidentiel, respire les bonnes mani?res so british de l?Establishment. Nous nous attardons sur une petite brocante au bout de Portobello Street.

Peu avant le d?jeuner pris dans chez un Italien de Kensington High Street, nous traversions Holland Park alors que des joueurs de football pataugeaient dans la boue sur le terrain sous un temps bien gris. Alors que nous longions les demeures de Phillimore Gardens dont les terrasses et jardins donnent sur le parc, Gr?goire me racontait qu?il avait eu l?occasion d?aller chez un Lord poss?dant l?une d?entre elles. Beau patrimoine le Lord. En fin de repas, le soleil refaisait son apparition, nous retraversions le parc en passant par le Kyoto Garden en direction de notre voiture. Nous traversions alors South Kensington, tr?s appr?ci? des Fran?ais r?sidents ? Londres, et allions une nouvelle fois d?fier (3?me fois) l?Ordre en squattant une place de parking r?serv?e aux r?sidents autour de Saint James Square.

Nous poursuivions notre promenade en allant coller notre nez aux grilles de Buckingham Palace, aux proportions bien modestes, en fa?ade tout du moins. Le long de Saint James Park, nous d?ambulions entre les familles anglaises sacrifiant leur temps ? la traditionnelle ballade dominicale, pendant laquelle les enfants donnent ? manger aux cygnes.

Au bout du Park, nous arrivions en vue de the Houses of Parliament et de Big Ben. Sur la pelouse face au Parlement, un homme du nom de Brian Haw a pos? sa tente et milite pour la paix. Nous avan?ions ensuite jusqu?? l?entr?e de Westminster Abbey avant de revenir vers le Nord en direction de Trafalgar Square, non sans marquer une pause aux grilles de Domning Street comme tout bon touriste qui se respecte.

Nous prenions alors le temps d?entrer ? la National Gallery pour aller jeter un coup d??il aux ?uvres de Leonardo de Vinci et de William Turner, sur les conseils avis?s de mon guide. A deux cent m?tres de l? ? peine, nous marquions une pause face ? l?immeuble o? travaille Gr?goire sur Saint Martins Lane, emplacement id?al, en plein c?ur du Theaters District. Nous gardions en m?moire depuis le d?but de l?apr?s-midi que l??quipe de France de rugby rencontrait ce jour l? l??quipe nationale d?Irlande. Par chance, nous remarquions une t?l? diffusant le match dans un pub alors que nous allions vers Covent Garden. Nous entrions, ? nos risques et p?rils, nous frayer un chemin parmi une population de buveurs de bi?res toute d?vou?e ? la cause Irlandaise? Une poche de deux r?sistants fran?ais avait ?lu domicile tout au fond du bar. Par notre pr?sence, nous ?tions quatre ? (timidement) encourager les Bleus. Quatre minutes avant la fin du temps r?glementaire, les Irlandais passaient une p?nalit? portant le score ? 17-13 en faveur des Verts. Les soiffards pensaient que la victoire ?tait acquise, l?ambiance atteignait son paroxysme? pour quelques secondes seulement ! Le temps pour Clerc, le 14 fran?ais, d?aller aplatir le ballon dans l?embut adverse. Coup de massue, silence de mort dans le pub. Quatre ricanements distincts d?chir?rent cette lourde atmosph?re ! Les supporters Irlandais, tous grognons, bien d?gout?s, se dispers?rent rapidement. Ils en oubli?rent m?me de payer une tourn?e aux repr?sentants des vainqueurs pr?sents dans l?assistance !

En sortant victorieux de l? donc, direction Covent Garden tout proche. Un com?dien de rue avait rassembl? autour de lui une centaine de passants. Son num?ro assez d?lirant consistait ? se mettre un gant en latex sur la t?te de mani?re ? se faire une cr?te de coq. Puis de tirer suffisamment sur le gant pour que son nez soit ?galement recouvert, mais pas sa bouche. C'est alors que, grimp? sur le dernier barreau d'une ?chelle appuy?e ? une colonne, il se mit ? souffler par les narines tout en demandant ? la foule de l'encourager du plus belle ? chaque fois que le ballon gonflait un peu plus sur son cr?ne. Et ce jusqu'? l'explosion du gant. J'avoue, j'?tais mort de rire moi aussi. A deux pas de l?, se tenaient les Orange British Film Awards ? l'Op?ra. Nous mettions fin ? notre excursion ? cet endroit, je devais repasser ? la voiture prendre mon sac, filer ? Waterloo et monter dans l'Eurostar pour rentrer ? Paris.

Une surprise nous attendait ? notre voiture. Celle-ci avait ?cop? d'un beau sabot jaune en notre absence... La troisi?me provocation aura ?t? la goutte qui fit d?border le vase. Gar?s pile poil sous le panneau stipulant que seuls les porteurs de cartes de r?sident sont autoris?s ? se stationner l?, nous aurons mis fin ? la cl?mence du policeman. Bilan : 115 pounds d'amende. R?glable par t?l?phone en appelant le num?ro indiqu? sur l'amende au chapitre "How to get my car clamped off ?". Il suffit de donner son num?ro de carte bleue, date d'expiration et cryptogramme visuel ? la dame au bout du fil et un flic repasse dans le quart d'heure pour retirer le sabot. ?a c'est du service... pour 115 pounds, nous n'en attendions pas moins.

Sac sur le dos, je retraversais la Tamise en observant le London Eye (la roue g?ante) toute illumin?e en rouge. A Waterloo Station, je montais dans le train qui accusera un retard de 50 minutes ? l'arriv?e pour cause de probl?me de fermeture des portes automatiques en gare d'Ashford International. Dix minutes de plus et je gagnais encore un aller simple gratuit. Ultime anecdote de ce court s?jour londonien : en arrivant ? Paris, dans le m?tro sur la ligne 4, un mec sale et sao?l occupait un carr? de 4 places, compl?tement avachi, les pieds boueux pos?s sur les si?ges d'en face. Et bien figurez-vous qu'entre deux stations, le mec sortit son zgu?gue et pissa par terre. Comme ?a, nature, au milieu de la rame, au nez et ? la vue de tous. Bien ?videmment, le wagon tout entier fut assez d?contenanc? et se vida rapidement ? la station suivante. Est-ce cela l'exub?rance ? la fran?aise qui tente de concurrencer les ph?nom?nes de mode d?cal?s des jeunes londoniens ? A la sortie du m?tro, il pleuvait. Comme souvent l?-bas, de l'autre c?t? de la Manche.

Quelques photos bient?t...